Sénégal: Promiscuité, pauvreté... - Les mesures barrières difficiles à faire respecter à Yarakh

20 Janvier 2021

Au quartier Yarakh, précisément à Hann village, les mesures barrières sont mises à rude épreuve. Ici, beaucoup de familles tentent, tant bien que mal, de vivre en présence du nouveau coronavirus.

Le respect des mesures barrières, à l'intérieur des maisons, constitue une contrainte dans les ménages. Beaucoup de familles de Hann Village admettent qu'il est difficile de se conformer aux mesures barrières à cause de la promiscuité, du mode de vie en communauté.

À Yarakh, le lundi 18 janvier 2021, à 14 heures passées de quelques minutes, la famille Ndiongue est autour du bol pour partager le repas. Ce rendez-vous quotidien est respecté en groupe malgré les appels répétés pour le respect de la distance physique. Interpellée sur le respect des mesures barrières dans les maisons, Soukeyna Ndiongue, habitante de Hann Village, une quadragénaire, nous sert un sourire avant de dire : « Nous sommes conscients que la maladie est toujours là. Nous faisons ce que nous pouvons pour nous protéger dans les maisons et dans les rues ».

Même s'il est difficile de respecter certaines mesures barrières dans les maisons, chez les Ndiongues, des efforts sont faits pour ne pas choper le virus. La famille a appris à vivre en présence du virus, d'après Mme Ndiongue. « Nous disposons de gel et de savon. Nous demandons à nos hôtes de se laver les mains et de porter les masques avant toute chose », informe-t-elle. D'ailleurs, on a été soumis à ce rituel. Même si, par ailleurs, on constate que les membres de la famille, trouvés sur place, ne portent pas de masque.

Dans ce quartier aux rues pavées, nous croisons Ibou Sylla, mécanicien. Il pense qu'il est quasiment impossible de vivre en présence du virus dans les maisons en respectant strictement les gestes barrières. « Nous vivons dans des chambres à plus de cinq personnes. Nous sommes obligés d'aller travailler chaque jour», explique-t-il. Il est vrai que dans certaines maisons, admet-il, les gens font des efforts comme la maison là-bas (indiquant une maison disposant de lave-mains à la porte d'entrée). « Cette maladie ne peut pas freiner la vie en famille et nous allons continuer à vivre en famille malgré tout », lance-t-il, avec un air d'impuissance.

Dans une autre maison, il n'y a aucun dispositif de prévention à l'entrée. Le chef de famille, Mamadou Sonko, un retraité, installé dans son salon, sur un canapé, suit une émission à la télé. Lui comme beaucoup de personnes interrogées, reconnaissent la difficulté de se conformer à la lettre aux mesures de protection et de prévention du nouveau coronavirus. « Le respect des mesures barrières dans les maisons n'est guère évident, surtout avec les enfants, qui, non seulement refusent de mettre les masques, mais ne respectent pas la distanciation physique », soutient-il.

Vulnérabilité des personnes âgées

Habillé en tenue traditionnelle, M. Sonko pense que l'État n'a pas pris de mesures draconiennes pour endiguer la pandémie. « Si l'État avait pris les bonnes décisions sans fléchir au départ, on n'en serait pas là », juge-t-il. Pour lui, les difficultés liées à vivre en présence du virus dans les domiciles sont liées à l'insouciance des jeunes, à la promiscuité, au manque de moyens, etc. Le sieur Sonko déclare avoir mis son propre fils en quarantaine à son retour d'un évènement religieux, car « nous les personnes du troisième âge, sommes vulnérables à cette maladie ».

Le respect des mesures barrières dans les maisons, notamment à Dakar, n'est pas une chose aisée. Des personnes du troisième âge, trouvées à la mosquée de Hann village, reconnaissent les difficultés de vivre avec un malade Covid-19, dans une même maison. Cependant, Amath Diagne apporte des nuances. « Si le malade est un parent, à défaut d'être pris en charge dans les hôpitaux, on est obligé de vivre avec lui dans la maison, tout en respectant les mesures barrières », rétorque-t-il.

Plus de: Le Soleil

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