Afrique: Joe Biden et le continent - Le fond va-t-il changer autant que la forme ?

Président Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris

C'est désormais officiel. Depuis hier à midi, heure de Washington, Joe Biden a prêté serment au Capitole. Le même sanctuaire de la démocratie américaine profané le 6 janvier dernier par des hordes sauvages chauffées à blanc par un président sortant qui, jusqu'au bout de son mandat, aura nié son échec.

Trump persiste et signe, même dans la lettre qu'on imagine comminatoire laissée à son successeur. Et à peine avait-il atterri dans sa résidence de Mara Lago en Floride que le milliardaire promettait de revenir de quelque manière que ce soit.

En attendant, c'est une bonne partie de la planète qui pousse un « ouf ! » de soulagement depuis hier. Rarement en effet, le multilatéralisme aura été autant malmené que ces quatre dernières années par le bouledogue de la Maison-Blanche qui a accentué la fracture entre Américains. Pas étonnant donc que dans son discours d'investiture, le 46e président des Etats-Unis ait prêché le rassemblement, l'union des fils et filles de la nation malgré leurs différences, car la politique ne saurait être cette guerre sans merci à laquelle on a assisté ces dernières semaines.

C'est donc sous le signe de la rupture que le mandat du nouveau président commence. Rupture mais aussi respect dans les relations avec les autres Etats, notamment africains, que l'ancien chef de l'exécutif américain aura royalement ignorés et même méprisés par moments. Un vent nouveau, forcément plus chaleureux devrait donc souffler sur les relations américano- africaines, si l'on en croit les ambitions affichées par Joe Biden.

Pour autant, s'il est normal que les Africains s'intéressent de près à ce qui se passe dans la première puissance mondiale, on se désole toujours de voir cette fébrilité qui s'empare d'eux tous les quatre ans. Les présidents républicains et démocrates se succèdent sans pour autant que les relations entre Washington et le continent changent fondamentalement, l'Oncle Sam ayant une seule et unique boussole, ses intérêts économiques et géostratégiques. Autant dire qu'excepté le changement de style, il ne faut pas attendre des miracles de la nouvelle administration, ni sur le renforcement de la démocratie en Afrique ni sur l'aide au développement et peut-être pas davantage sur la lutte contre le terrorisme.

Pourtant, les pays membres du G5 Sahel en attendent beaucoup, eux qui depuis de longues années se désolent de ne pas voir les boys s'investir ou leur pays apporter le soutien matériel et diplomatique (notamment à l'ONU) dont ils ont cruellement besoin pour venir à bout du terrorisme. Certes, le nouveau président a fait des annonces qui vont dans la bonne direction. Mais on ne le sait que trop, promesse de grand n'est pas héritage, surtout aux Etats-Unis où le président partage les leviers du pouvoir avec le tout-puissant Congrès. A moins que le nouveau locataire du 1600 Pensylvania Avenue ne nous réserve une divine surprise, lui qui promet déjà un sommet USA/ Afrique comparable à celui auquel il a pris part en 2014 aux côtés de son devancier démocrate. Alors « wait and see ».

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