Burkina Faso: Arrestation de présumés bandits - Ils se faisaient passer pour des orpailleurs

Aux yeux de leurs parents, ils étaient des orpailleurs. Mais suite à de multiples plaintes relatives à des attaques armées et des investigations sur le groupe, ils se retrouvent être de véritables bandits et ont été arrêtés par la brigade ville de Nongremassom le 13 janvier 2021 au secteur 42 de Ouagadougou.

La bande, constituée de TT, YI, OO et YI, des noms d'emprunt, qui écumait Ouaga, Saaba, Nagreongo, Laye et Yako, a été présentée à la presse le mercredi 20 janvier 2021.

Ces jeunes âgés de 22 à 25 ans et présumés auteurs d'attaques à main armée ont fait vivre des moments effroyables à leurs victimes. Leurs derniers forfaits remontent à trois semaines : quatre braquages à main armée.

Les 24 et 30 décembre 2020 à Yako, deux boutiques de vente d'articles divers, une pharmacie et ses clients ont fait les frais de la bande : plus de 3 000 000 de F CFA et des portables emportés.

Le 5 janvier 2021, sur l'initiative d'un des membres de la bande qui est natif de Nagreongo, ils se rendent dans cette commune rurale pour dépouiller le plus grand boutiquier du patelin. « Quand ils sont arrivés ce jour, j'étais en compagnie d'un ami. Ils lui ont ordonné de se coucher à même le sol. Il a refusé d'obtempérer et ils lui ont assené un coup avec la crosse de l'arme. Ils nous ont mis à terre ensemble et ont vidé mon coffre », raconte la victime. Le butin est de 8 000 000 de nos francs. La répartition, c'est à parts égales. Deux millions pour chacun. « Cet argent leur a permis de s'acheter chacun une moto scooter, des appareils de musique et divers objets », a détaillé l'adjudant-chef major Abdoulaye Savadogo, commandant de la brigade ville de gendarmerie de Nongremassom.

Le jour de l'interpellation

Confidence du commandant de la brigade, mettre la main sur les présumés auteurs d'agression à main armée n'a pas été une chose aisée. « Les gendarmes veulent mettre la main sur eux et ils veulent se faire des gendarmes. Il y a un qui a même mordu un des gendarmes », a confié l'adjudant-chef major. Ce jour-là, 12 janvier 2021, la bande des quatre braqueurs armés va repartir sur ses pas dans la commune rurale de Nagréongo pour une nouvelle intrusion armée dans une autre boutique qui leur rapportera la somme de 1 500 000 de francs CFA. Ils se retrouvent au secteur 42 de Ouaga pour le partage du butin. C'est ainsi que la sous-unité a pu les identifier et les interpeller le 13 janvier passé. « Une perquisition a permis la saisie d'une somme d'un million trois cent mille (1 300 000) francs CFA. Malheureusement, au cours de l'interpellation le quatrième a réussi à prendre la fuite », a indiqué le commandant de la brigade. Selon l'adjudant-chef major, l'arrestation du quatrième en cavale avec 285 000 F CFA en poche ne saurait tarder. Il a été identifié par des gendarmes là où il a fui. Il en est de même pour leur receleur.

Les pandores ont déploré l'attitude des populations lors de leurs opérations. « Lorsque nous allons en interpellation les gens viennent en spectateurs et cela ne nous facilite pas la tâche. Nous leur demandons de faciliter la mission des hommes lorsqu'ils sont en opération », a fait remarquer le commandant de brigade.

Ces présumés malfrats qui écumaient Ouaga, Ziniaré, Nagréongo, Saaba, Laye et Yako ont plusieurs attaques à leur actif. Une trentaine de victimes déjà répertoriées et près de 14 millions emportés au cours des différents braquages par la bande, selon les pandores. Les perquisitions effectuées aux domiciles des mis en cause donnent : deux (2) plaques solaires, trois (3) postes téléviseurs, trois (3) postes radios, trois (3) batteries, onze (11) téléphones portables, un (1) pistolet automatique ainsi que quatre (4) cyclomoteurs. Mais selon le commandant de la brigade ville de gendarmerie de Nongremassom, il n'est pas exclu que la bande ait d'autres armes et seules les investigations pourront les situer.

L'orpaillage, l'astuce de la bande

Aux yeux des parents et des proches de la bande qui a spolié plusieurs citoyens de leurs biens nuitamment, ils étaient des orpailleurs. « Ils ont élu domicile sur le site aurifère de Bouda à Yako dans la province du Passsoré où ils se font passer pour des orpailleurs. Après chaque opération, chacun d'eux regagne sa famille et fait croire qu'il a découvert un filon », a expliqué l'adjudant-chef major Abdoulaye Savadogo. Tout en faisant remarquer que les victimes à Ouagadougou sont les boutiques télécom, le commandant de la brigade ville de Nongremassom invite les populations et particulièrement les gérants de points de transfert d'argent, de boutiques et d'alimentations à plus de vigilance et à dénoncer tout suspect auprès des services de police judiciaire.

Plus de: L'Observateur Paalga

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