Madagascar: Enquêtes parlementaires - Ravalomanana promet d'informer la population

Les enquêtes menées par les sénateurs sortants vont vraisemblablement avoir une suite.

Ayant pris connaissance du contenu du rapport après avoir reçu un exemplaire des mains du sénateur Olivier Rakotovazaha à son domicile à Faravohitra mardi, l'ancien Président Marc Ravalomanana a déclaré que la population doit et va être informée de son contenu. A l'entendre, une large diffusion du document, voire des rencontres avec la population devraient donc être réalisés dans ce sens. Hier, le document a été également présenté à des députés en exercice issus du parti Tiako i Madagasikara. Et les sénateurs ayant participé à ces enquêtes étant déjà en fin de mandat, il n'est pas impossible que ces élus de Tsimbazaza prennent le relais pour la suite.

Débat

Les enquêtes diligentées par les anciens sénateurs concernent des sujets sensibles qui avaient déjà provoqué un grand débat dans le pays. Il y a d'abord l'importation inattendue d'armes lourdes que les Malgache savaient découverte avec stupeur au début du mandat de Rajoelina, il y a également l'utilisation des 600 millions de dollars d' aides internationales destinées à la lutte contre la Covid-19, l'évasion massive et l'assassinat de dé tenus de la prison de Farafangana l'année dernière ainsi que les millions de doublons sur la liste électorale utilisée lors des élections présidentielles de 2018 et révélés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) elle-même.

Pour l'importation des armes, elle aurait été effectuée durant la période de transition, après la démission du Président Hery Rajaonarimampianina, candidat à sa propre succession, et pendant que l'ancien président du Sénat Rivo Rakotovao avait assuré l'intérim. Selon les explications, ce dernier n'était pas au courant et ne jouissait pas du statut de chef suprême des armées pour autoriser une telle opération. Par ailleurs, alors que Toamasina abrite le plus grand port du pays et accueille généralement les importations, les armes avaient été bizarrement introduites dans le nord du pays. «Pour moi, il s'agissait d'une importation illicite et d'une trahison », a réagi le chef de la plateforme de l'opposition RMDM qui se dit « sidéré » par les milliers de numéros de Carte d'identité nationale identiques sur la liste.

« Comment une telle chose peut-elle se produire? Il nous appartient de faire quelque chose pour sauver l'honneur de notre pays, c'est une honte », a-t-il déploré.

Pour les 600 millions de dollars qui devaient être utilisés pour la lutte contre la Covid-19, selon le fondateur de Tiko, chaque ménage aurait dû avoir droit à une aide, ce qui a été loin d'être le cas. «La procédure de passation des marchés publics a été particulièrement opaque dans l'utilisation de ces fonds et le ministre responsable n'a pas voulu rencontrer les sénateurs lors de leurs enquêtes », conclut-il.

Plus de: L'Express de Madagascar

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