Maroc: Développement personnel - Cap sur une nouvelle génération d'élèves

Casablanca — A chaque célébration de la Journée internationale de l'éducation, commémorée le 24 janvier, plusieurs questions se posent sur le rôle de l'enseignement dans la réalisation du progrès humain et la promotion du développement personnel des apprenants, dont la construction constitue un capital immatériel essentielle au façonnement de l'avenir des sociétés.

Autant la construction des générations futures n'est pas chose aisée, autant le développement continu des systèmes éducatifs revêt un caractère d'urgence pour satisfaire les besoins immédiats et futurs, doter le corps enseignant de moyens appropriés pour accomplir convenablement leurs missions.

Etant donné que l'enseignement comporte plusieurs ramifications, en ce sens qu'il constitue la pierre angulaire du progrès des pays, tout traitement de cette question requiert, alors, l'adoption d'une approche globale et pointue pour mieux l'appréhender sous ses divers angles et en démêler les enchevêtrements, en focalisant l'attention particulièrement sur le concept du développement personnel des élèves.

Mettre à profit le développement personnel au sein de l'école et élargir son champ d'action est une nécessité absolue pour renforcer les habiletés de l'apprenant, améliorer la qualité de son tissu relationnel, favoriser l'école d'idées novatrices et lutter contre toute forme d'extrémisme et de déviation morale, comme l'a souligné dans une déclaration à la MAP Sadiki Hassan, membre du bureau régional de l'annexe de Moulay Rachid-Casablanca de la Fédération nationale de l'enseignement affilié l'Union marocaine du travail (UMT).

Pour ce syndicaliste et cadre de l'enseignement, le développement personnel contribue largement à renforcer les capacités intellectuelles de l'élève car l'édification et le développement des pays dépendent de la construction de l'Homme en tant que capital immatériel, tel que mis en exergue à maintes reprises par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Rappelant que le développement personnel est également un facteur fondamental dans le développement des aptitudes d'apprentissage, M Sadiki a indiqué que l'école, en tant qu'espace de production du capital immatériel, doit permettre au citoyen l'acquisition de capacités cognitives, psychologiques, comportementales et communicatives à même de le qualifier à mieux s'intégrer dans la vie sociale et professionnelle, tout en contribuant à la réalisation du développement durable et intégré.

Il a rappelé l'inefficience des réformes successives qu'a connues le système éducatif depuis l'indépendance et qui ont cristallisé les critiques du fait de miser essentiellement sur l'approche et la dimension quantitatives de l'opération d'apprentissage, comme en témoignent les légions de diplômés d'études supérieures (universités et écoles) qui rencontrent des difficultés insurmontables quand il s'agit d'intégrer le monde socioprofessionnel.

Ce constat, dit-il, accéléré la prise de conscience de l'impératif d'introduire dans le système éducatif le concept de développement personnel qui favorisent l'acquisition des habiletés et des aptitudes nécessaires pour apprendre et affronter les choses de la vie, en s'inspirant des expériences menées dans un nombre de pays et qui ont prouvé la pertinence de ce concept.

Dans cet enchainement d'idées, il a indiqué que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a utilisé la notion d'aptitudes psychologiques et sociales pour désigner un concept général incluant les capacités, les compétences, les valeurs et les comportements dans la vie quotidienne, le but étant de maintenir un état mental et une attitude positifs dans la relation de l'apprenant avec les autres, sa culture et son environnement.

Il a indiqué que ces compétences ont été identifiées dans plusieurs opérations notamment le règlement des difficultés, la prise de décision, la réflexion créative, la pensée critique, la conscience de soi, l'empathie envers les autres, la gestion des tensions psychologiques et des émotions.

M Sadiki a, en outre, rappelé que l'examen des différentes étapes qu'a connues le champ de l'éducation et de la formation au Maroc montre l'insertion des compétences de la vie quotidienne connues sous divers noms dans le Programme de compétences psychologiques et sociales dans le cadre de la coopération entre le ministère de l'Education nationale et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) pour la réalisation du projet «Alef», et à travers le Programme de compétences de la vie quotidienne réalisé en collaboration avec l'Agence américaine pour le développement international (USAID) dans le cadre du projet "Itqan", avec pour objectif de renforcer les "soft skills" des élèves de l'enseignement préparatoire et secondaire.

Ce dernier projet, poursuit-il, est "une expérience réussie" bien qu'il ait été limité à certaines régions du Royaume à travers la formation de centaines enseignants et des milliers d'étudiants, rappelant à titre d'exemple le modèle du club du développement personnel du lycée Jaafar Fassi-Fihri relevant la direction provinciale de Moulay Rachid.

Cette expérience a démontré un changement important dans la personnalité des élèves ayant bénéficié de cette initiative, surtout le volet relatif au dépassement des barrières psychologiques, le renforcement de la confiance en soi et l'aisance communicationnelle, a-t-il assuré.

Dans son article 9, la Charte nationale de l'éducation et la formation a fixé des objectifs sur les caractéristiques de la nouvelle école marocaine qui doit être pleine de vie à la faveur d'une approche éducative active qui transcende la réception passive et l'action individuelle vers l'auto-apprentissage, la capacité de dialogue et de participation au travail en groupe.

Il convient de rappeler que l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de commémorer la Journée internationale de l'éducation pour célébrer le rôle que joue l'éducation dans la réalisation de la paix et le développement.

L'UNESCO estime qu'en l'absence d'un enseignement de qualité, équitable et inclusive et sans le renforcement des opportunités d'apprentissage tout au long de la vie, les pays ne parviendront pas à réaliser l'égalité des genres et briser le cycle de la pauvreté qui maintient des millions d'enfants, de jeunes et d'adultes dans l'ignorance.

Les statistiques de l'organisation indiquent que 258 millions d'enfants et de jeunes à travers le monde ne sont pas inscrits à l'école et 617 millions d'enfants et d'adolescents ne savent ni lire, ni écrire, ni effectuer des opérations arithmétiques de base.

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