Congo-Kinshasa: Le texte de M. Jean-Claude Manzueto est intitulé « Que cache l'arrestation de M. Roger Lumbala »

La rencontre de Kimbembe (Camp militaire au Katanga) s'était terminée sur un désaccord profond. M. Etienne Tshisekedi a fait cinq mois de relégation dans son village (Février 1998 -Juillet 1998). Pendant ce temps, les manifestations populaires se sont poursuivies, et le pouvoir était contraint de les réprimer dans le sang, à se discréditer dans l'opinion internationale et à se rendre infréquentable.

Contraint par la désapprobation générale, M. LD Kabila a ordonné aux Militaires, en Avril 1998, d'aller prendre M. Etienne Tshisekedi dans son village et de l'emmener au Camp militaire de Kimbembe (Lubumbashi). Là, les deux personnes se sont retrouvées uniquement seules, à huis clos, à deux face à face. M. LD Kabila a proposé à M. Etienne Tshisekedi d'accepter le poste de Vice-Président de la République dans les Institutions mises en place par l'AFDL pour gérer notre Pays.

Etienne Tshisekedi lui a répondu qu'il souhaitait lui aussi de son côté de travailler pour le Pays et à n'importe quel moment, pourvu que ce soit sur base d'une constitution démocratique. La CNS a déjà fait tout le travail et légué au Peuple les Résolutions qui sont les Fondements d'un Etat de droit démocratique moderne et prospère. Il appartient à votre famille politique de s'approprier ces Résolutions et de les enrichir de votre apport. Et il a invité M. LD Kabila à accepter sa proposition.

LD Kabila s'est mis en colère et s'est mis à adresser des propos menaçants à M. Etienne Tshisekedi. Ce dernier constata une incompréhension profonde et une divergence fondamentale de vision, de niveau et de conception du pouvoir, il se décida de ne plus parler. M. LD Kabila tapa la main sur la table, se leva, appela les Militaires et leur ordonna de ramener M. Etienne Tshisekedi dans son village natal. Les deux personnes se sont séparées sans se dire au revoir et sans se serrer la main. Le pire et l'irréparable ont été évités de justesse. En effet, comme les Militaires armés encerclaient le lieu de la rencontre, il a failli de très peu que M. LD Kabila dans sa colère ordonne aux Militaires d'abattre M. Etienne Tshisekedi.

Le retour de M. Etienne Tshisekedi à Kinshasa et la conférence de presse

En Juillet 1998, M. LD Kabila envoya de nouveau les Militaires chercher M. Etienne Tshisekedi dans son village natal, mais pour le ramener chez-lui (Limete) à Kinshasa.

A peine ramené dans sa Résidence à Kinshasa, en Juillet 1998, M. Etienne Tshisekedi donna une conférence de presse pour réaffirmer, devant l'opinion, son souhait de travailler avec LD Kabila, mais sur base d'une constitution démocratique. Ce souhait n'a pas eu d'écho de la part de M. LD Kabila.

Le 2ème conflit armé

Le 2 août 1998, un conflit éclata au sein des membres de l'AFDL par suite de la décision de M. LD Kabila de se séparer de ses alliés rwandais et d'exiger que ceux-ci rentrent chez eux au Rwanda. Ce conflit opposait plusieurs groupes armés et soutenus par le Rwanda et par l'Ouganda : RCD/Goma, RCD/ML, RCD/N, MLC et les Combattants congolais (Maï-Maï).

Ce conflit mit la RDC à feu et à sang.

La suite des événements démontre comment les sacrifices et les efforts de M. Etienne Tshisekedi, de l'UDPS, des autres forces de progrès et du Peuple pour la fin des conflits et de la Tragédie n'ont pas été couronnés de succès total à cause de la médiocrité de certains congolais parmi lesquels se trouvent, hier comme aujourd'hui, nombreux intellectuels, leaders politiques et sociaux ainsi que les maffieux et les criminels impénitents qui se sont organisés pour s'éterniser au pouvoir depuis plusieurs décennies d'années et qui ont fait de la RDC un pays sinistré et ont semé la désolation et le deuil dans le Peuple.

La question est toujours lancinante et mérite d'être directement posée : nombreux compatriotes sont-ils des masochistes ou sont-ils atteints du syndrome des personnes enchaînées et enfermées dans la Caverne de Platon ?

Ces compatriotes semblent éprouver le bonheur dans leurs souffrances (masochisme), ou éprouver leur bonheur dans la Caverne, ou avoir une attitude suicidaire.

L'allégorie du Mythe de la Caverne est une allégorie exposée par Platon dans le Livre VII de La République. Elle met en scène des hommes obligés de rester assis sur des chaises, enchaînés à leurs chaises et immobilisés à ne rester qu'assis et à ne regarder que devant eux dans une « demeure souterraine », qui tournent le dos à l'entrée de la Caverne et ne voient que leurs ombres et celles d'objets. Leurs propres ombres et celles des objets sont projetées sur les murs de la caverne et sur un écran placé devant eux. Le projecteur de ces ombres est un rayon solaire qui pénètre dans la caverne par un petit trou creusé derrière dans le mur.

Ces hommes n'ont jamais vu directement la source de la lumière du jour, c'est-à-dire le soleil, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne et sur l'écran. Des sons, ils ne connaissent que les échos.

Pourtant, « ils nous ressemblent », observe Glaucon, l'interlocuteur de Socrate dans le Mythe de la Caverne.

L'un de ces hommes, poussé par l'insatisfaction de ce qu'il vit dans la Caverne, s'est libéré de ses chaînes et a pu déployer beaucoup d'efforts pour traverser nombreuses difficultés et grimper le long et vertigineux escalier jusqu'à la sortie de la Caverne.

Arrivé dans le vrai monde et dans la véritable réalité des choses, il a été d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a jamais vue et qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il a souffert de tous les changements. Il lui appartenait soit de refuser de voir et de comprendre le monde réel et de rentrer dans la Caverne pour continuer à y vivre la vie d'antan.

Il a opté de rentrer dans la Caverne pour éveiller ses amis et leur demander de se libérer et de sortir de la Caverne pour découvrir la vérité, le vrai monde et les merveilles du monde intelligible. Certains de ses amis de la Caverne l'ont très mal reçu ; ils trouvaient leur vie dans la Caverne comme la meilleure de toutes les vies ; ils ont refusé de mettre en cause leur vie dans la Caverne ; ils se sont mis à pourchasser leur ami pour l'attraper et le tuer.

Ceux qui l'ont cru se sont libérés, sont sortis de la Caverne et ont pu accéder à la vraie lumière, au vrai monde, à la vérité, à la vraie vie et au vrai bonheur

Attitude suicidaire : ces compatriotes veulent intentionnellement vivre dans des conditions qui les tuent.

Pourquoi cette question ?

Nous observons que nombreux compatriotes continuent jusqu'aujourd'hui d'applaudir les maffieux et les criminels impénitents et souhaitent même leur retour au pouvoir alors que ces maffieux et ces criminels n'ont rien fait pour toutes les tribus et toutes les régions de la RDC y compris les leurs. Ils ont mis le pays à feu et à sang ; semé la désolation et le deuil partout ; fait de l'un des Géants d'Afrique et du Monde un pays sinistré. Ils n'ont exprimé aucun regret, aucun repentir ; ils n'ont pas demandé pardon au peuple.

Ils ne se sont donc pas métamorphosés, ils plongeront le Pays encore davantage au fond du gouffre s'ils reviennent au pouvoir.

Seuls ceux qui les applaudissent, les soutiennent et les incitent à revenir au pouvoir peuvent mieux répondre à cette question.

Pour faire cesser le conflit qui a éclaté le 2 Août 1998

Pour faire cesser le conflit et mettre fin à la Tragédie, aucun leader congolais ne s'est battu comme M. Etienne Tshisekedi et aucune autre force politique ne s'est battue comme l'a fait l'UDPS depuis 1980 et de façon ininterrompue.

Face au conflit armé qui a éclaté le 2 Août 1998, M. Etienne Tshisekedi proposa aux belligérants sa médiation et ses services pour arriver au cessez-le-feu. Il ne fut pas entendu. Par ses messages, ses conférences de presse et ses déclarations, M. Etienne Tshisekedi demanda plusieurs fois aux belligérants de mettre fin à ce conflit, mais en vain.

Il prit alors la décision de s'adresser aux Décideurs et aux Acteurs internationaux pour qu'ils jouent de leur pouvoir, autorité, puissance, force, influence et moyens auprès de la Communauté internationale et auprès des belligérants pour que le conflit s'arrête.

Ses Appels incessants furent enfin entendus. La Communauté internationale se décida d'agir.

Que l'Accord de Lusaka soit signé par tous les belligérants. Ce qui fut fait en 1999. L'Accord n'a été signé que par les belligérants seuls.

Mais le Gouvernement congolais accepta de se mettre à table avec des étrangers impliqués dans le conflit (des Unités et des Bataillons des Armées régulières du Rwanda et de l'Ouganda) masqués sous une fausse appellation de « Groupes rebelles armés congolais », signent l'Accord en tant que « Groupes armés congolais » et accèdent ainsi massivement à la nationalité congolaise.

L'Accord de Lusaka contenait deux volets : la cessation des hostilités et la tenue du Dialogue Intercongolais pour instaure dans notre Pays un nouvel ordre politique.

Avant comme après l'assassinat de LD Kabila le 16 Janvier 2001, les membres du Gouvernement installé après l'assassinat de M. LD Kabila ont considéré qu'ils représentaient le Nouvel Ordre Politique dont on parlait dans l'Accord de Lusaka ; que l'organisation du Dialogue inter-congolais n'avait plus de raison d'être et ils se sont mis à saboter les travaux préparatoires du Dialogue inter-congolais puisque, pour eux, ifs s'est mis tous les belligérants se sont mis à saboter la tenue du Dialogue Intercongolais.

Je rappelle notamment :

Le Communiqué du Sommet de Pretoria du 23 Août 1998 ;

L'appel lancé lors du deuxième sommet de Victoria Falls tenu du 7 au 8 septembre 1998, pour la cessation immédiate des hostilités, tel que contenu dans le communiqué commun du Sommet ;

Le mandat, contenu dans le communiqué commun de Victoria Falls II, confié aux ministres de la défense et à d'autres fonctionnaires, d'élaborer, en étroite collaboration avec l'OUA et l'ONU, les modalités de mise en œuvre d'un cessez-le-feu immédiat et de créer un mécanisme pour assurer le suivi du respect des dispositions du cessez-le-feu ;

La Résolution 1234 du 9 Avril 1999 ainsi que les autres Résolutions et Décisions du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la RDC, prises depuis le 2 août 1998 ; les efforts de paix déployés pour la Résolution du conflit en RDC lors des sommets de Victoria Falls I et II, Pretoria, Durban, Port-Louis, Nairobi, Windhoek, Dodoma ainsi que lors des réunions ministérielles de Lusaka et de Gaborone.

A Suivre.

Le 19 Janvier 2021.

Dr François Tshipamba Mpuila

GSM et WhatsAAp : +32-493-325-104

E-mail : tshipamba.mpuila@yahoo.fr

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.