Centrafrique: Blocage par les rebelles centrafricains, de camions de marchandises - La communauté internationale doit siffler la fin de la recréation

Bangui in 2014.( archive)
21 Janvier 2021

Décidément, les groupes armés centrafricains réunis au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), n'en démordent pas.

En effet, après avoir échoué à empêcher coûte que coûte la tenue de la présidentielle et des législatives du 27 décembre 2020, ils font maintenant feu de tout bois pour pourrir la vie au président Faustin Archange Touadéra dont la victoire a été confirmée en début de semaine en cours par la Cour constitutionnelle. Ce faisant, après les attaques tous azimuts dont certaines ont été perpétrées dans les périphéries de Bangui, François Bozizé et sa bande de criminels ont développé une autre stratégie. Ils ont procédé au blocage systématique de près de 1500 camions dont ceux du Programme alimentaire mondial (PAM) en provenance du Cameroun.

Tant et si bien que le trafic sur l'axe Douala-Bangui qui est pourtant très vital, s'en trouve considérablement réduit. Pour avoir la vie sauve, certains transporteurs ont dû négocier avec les rebelles qui ne se gênent pas de leur extorquer de l'argent. « Chaque camion a payé 100 000 F CFA. Pour ceux qui n'avaient pas d'argent comme moi, nous avons vidé nos réservoirs de carburant. Nous avons vendu l'essence afin de leur donner de l'argent », raconte un des camionneurs bloqués. Or, la plupart des camions bloqués transportent des vivres frais dont certains commencent à se décomposer, au grand dam des populations centrafricaines qui en ont besoin.

Tant que le rapport de forces sera en leur faveur, Bozizé et ses sbires ne plieront pas

C'est donc clair pour ceux qui en doutaient encore. En procédant au blocage systématique de ces camions de marchandises, les groupes armés veulent non seulement profiter se faire une santé financière sur la base d'expédients, mais aussi asphyxier Bangui afin de provoquer in fine une implosion sociale. Y parviendront-ils ? La question reste posée. Mais une chose est certaine : si la communauté internationale ne tape pas du poing sur la table, elle assistera, impuissante, à la partition de la RCA, surtout que les groupes armés contrôlent près des ¾ du pays.

En tout cas, maintenant que la victoire du président Touadéra a été confirmée par la plus haute juridiction centrafricaine, il est temps de siffler la fin de la récréation. Pour ce faire, les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliées russes, rwandaises et la MINUSMA se doivent d'aller au front pour réduire la voilure des groupes armés qui, en dépit des multiples accords de paix, refusent de rentrer dans les rangs. Car, tant que le rapport de forces sera en leur faveur, Bozizé et ses sbires ne plieront pas. Bien au contraire, ils continueront de narguer les autorités de Bangui.

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