Burkina Faso: Réconciliation nationale - Zéphirin Diabré sollicite le soutien de la communauté musulmane

21 Janvier 2021

Le ministre d'Etat, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, s'est entretenu avec les premiers responsables de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), le 19 janvier 2021, à Ouagadougou.

Pour réussir sa « complexe » mission de réconcilier les Burkinabè, le ministre d'Etat, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, Zéphirin Diabré, a pleine conscience qu'il a besoin du soutien de toutes les forces vives de la nation. Dans cette optique, il est allé demander l'accompagnement de la communauté musulmane, à travers la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), le mardi 19 janvier 2021, à Ouagadougou. « C'est une rencontre de prise de contact qui s'inscrit dans le cadre de la mission de réconciliation nationale que le président du Faso a bien voulu me confier. A l'entame de cette mission, il est opportun de venir me présenter à la faîtière des associations islamiques du Burkina pour, à la fois, l'informer de ce qui se passe et recueillir ses bénédictions, ses conseils, ses soutiens dont j'ai besoin pour conduire cette mission »,

a-t-il déclaré, à la sortie des échanges avec le bureau de la FAIB. Pour le ministre d'Etat, sa démarche se justifie au regard du rôle de la religion, notamment musulmane, dans la société comme un vecteur de cohésion sociale. A l'entendre, on ne peut pas parler de réconciliation, de pardon que la religion musulmane prêche d'ailleurs tous les jours, sans se référer à elle. « Je remercie le président de la FAIB

et toute son équipe pour l'accueil et surtout pour la disponibilité qu'ils ont manifestée à nous accompagner, à nous aider dans ce processus et à trouver des solutions à des questions complexes afin d'apaiser les cœurs, de rassembler le Burkina Faso et le rendre plus fort », a-t-il déclaré.

« L'incident avec Simon est clos ! »

Et d'ajouter que la question de la réconciliation nationale n'est pas un jeu d'intérêts d'acteurs politiques. Elle englobe, selon lui, à la fois des questions politiques, économiques et sociales. « Il ne s'agit pas d'un exercice où des politiciens viendront s'entendre. Certes, les questions politiques y seront présentes mais il y a beaucoup de déchirures sociales que nous vivons et qu'il faut résoudre. Au moment où nous parlons, il y a un million de Burkinabè déplacés internes, qui sont en « exil » dans leur propre pays. Et pendant ce temps, nous sommes à Ouagadougou, insouciants de leur sort ; ils sont en droit de se demander s'ils sont vraiment Burkinabè au même titre que les autres », a relevé Zéphirin Diabré.

La communauté musulmane a salué cette démarche « empreinte de considération » du ministre d'Etat chargé de la réconciliation nationale. « C'est une lourde mission qui a besoin de bénédictions pour être bien conduite. Nous lui avons donné des conseils et des bénédictions afin qu'Allah l'accompagne dans sa tâche », a fait savoir le président de la FAIB, Oumar Zoungrana. Comme conseils pour un meilleur processus de réconciliation des Burkinabè, M. Zoungrana a invité son hôte du jour à être tolérant, franc, honnête envers tout le monde. La FAIB ne doute cependant pas des capacités de l'ancien chef de file de l'opposition à mener à bien cette mission.

Car, si Dieu a voulu que le choix du président porte sur lui, c'est parce qu'il en est capable, a conclu le président Zoungrana. Répondant aux journalistes, le ministre d'Etat a confirmé avoir retiré sa plainte en justice contre le président du MPP, Simon Compaoré, à la suite d'une « rencontre d'échanges confraternels » entre eux, à l'issue de laquelle ils se sont pardonnés. « Je ne vois rien de mauvais en cela. Pour moi, l'incident est clos ! La réconciliation est avant tout un état d'esprit. Comment pourrais-je réconcilier les Burkinabè si moi-même je ne suis pas en mesure de pardonner celui avec qui j'ai eu un incident ? », a demandé Zéphirin Diabré.

Plus de: Sidwaya

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