Congo-Kinshasa: Entretien avec Modeste Bahati Lukwebo, l'"informateur" de Tshisekedi

21 Janvier 2021

Modeste Bahati Lukwebo fait le point sur sa mission : dégager une majorité capable de gouverner en République démocratique du Congo.

Modeste Bahati Lukwebo a été nommé "informateur" le 31 décembre 2020 par le président congolais Félix Tshisekedi.

Sénateur transfuge du FCC de Joseph Kabila, Modeste Bahati Lukwebo a débuté hier [20.01.21] sa mission d'identification d'une nouvelle majorité parlementaire. Il a rencontré ce matin à Kinshasa plusieurs responsables politiques.

Selon la Constitution congolaise, la mission d'un informateur est de trente jours renouvelables une fois.

L'Alliance des forces démocratiques du Congo, que préside Modeste Bahati Lukwebo, est la deuxième force politique représenté à l'Assemblée nationale congolaise avec 41 sièges, après le PPRD de l'ancien président, Joseph Kabila (52).

C'est demain, vendredi 22 janvier, que les députés congolais doivent se prononcer sur leur ralliement ou non à l'"union sacrée de la nation" que le chef de l'Etat appelle de ses voeux.

Modeste Bahati Lukwebo a été radié du Front commun pour le Congo (FCC), en juillet 2019 pour avoir présenté sa candidature à la présidence du sénat, que briguait aussi, Alexis Thambwe Mwamba qui a finalement été élu.

Lisez ci-dessous l'interview que Modeste Bahati Lukwebo a accordée à la DW :

Nous avons inauguré aujourd'hui les audiences publiques au cours desquelles nous recevons les députés et chefs de partis et regroupements politiques ayant des députés à l'Assemblée nationale pour qu'ils me confirment qu'ils adhèrent effectivement à "l'union sacrée de la nation" [voulue par Félix Tshisekedi].

Etes-vous sûr que les députés du PPRD de Joseph Kabila vont accepter d'adhérer à la constitution d'une nouvelle majorité parlementaire [derrière Félix Tshisekedi]?

Il y en a, et ils sont nombreux, qui viennent du PPRD et se sont engagés par écrit. Un bon nombre de députés du PPRD sont venus nous rejoindre.

Et qu'en est-il des députés proches de Lamuka, de Martin Fayulu ?

Oui bien sûr. La réunion que nous avons eu hier autour du président de la République, ils y ont pris part. Il y a eu une petite brouille mais nous l'avons gérée. Ils ont compris que nous nous battons pour l'intérêt du peuple et c'est aussi leur objectif...

Modeste Bahati, vous faisiez encore dans un passé récent partie du Front Commun pour le Congo de Joseph Kabila avant d'en claquer la porte et d'être nommé "informateur" par Félix Tshisekedi. Vos anciens amis du FCC vous qualifient de traître...

Il est vrai que quand vous vous battez pour les valeurs positives, les valeurs républicaines, vous ne pouvez que rencontrer de la résistance.

Et rappelez-vous dans quelles circonstances nous nous sommes séparés : ce sont eux qui m'ont exclu avec mon regroupement.

Quelles sont vos relations avec Joseph Kabila ?

J'ai toujours été en bon termes avec le président honoraire Joseph Kabila Kabange, mais c'est son entourage qui a toujours peur de notre force politique.

Pensez-vous comme beaucoup d'analystes congolais et étrangers que c'est terminé, pour Joseph Kabila ?

Ah non ! Je ne peux pas dire cela. Le président français François Mitterrand disait à l'époque : "Un homme politique, tant qu'il n'est pas mort, il ne faut pas considéré qu'il est fini."

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