Sénégal: Diffamation - Différend Alioune Ndoye - Le Témoin vidé le 4 février prochain

22 Janvier 2021

La procédure en diffamation opposant le ministre des Pêches, Alioune Ndoye, au journal « Le Témoin », a été plaidée hier jeudi 21 janvier. La première chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar rendra son jugement le 4 février prochain.

Evoquée une première fois en l'absence des prévenus et mise en délibéré pour le 7 janvier dernier, la procédure en diffamation opposant le ministre des Pêches, Alioune Ndoye, au journal « Le Témoin » a été plaidée, hier. Les débats ont été ouverts, à nouveau, à la demande des journalistes prévenus, Mamadou Omar Ndiaye et Moustapha Boye. Ces derniers n'avaient pas comparu pour se défendre des accusations portées contre eux. Hier, ils ont pu le faire.

Ils ont assumé leurs écrits en précisant qu'ils n'ont fait que reprendre le communiqué du Gaipes (Le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal). Lequel a soutenu dans le document envoyé à la presse que le ministre Alioune Ndoye a octroyé 52 licences de pêche à des navires chinois. Pour Me Baboucar Cissé, les prévenus ont fait « singulièrement preuve de mauvaise foi » en écrivant une telle information car, il s'agissait, en réalité, du renouvellement d'une licence à une société de droit sénégalais. Il a reproché aux journalistes de n'avoir pas fait le déplacement jusqu'au ministère pour recouper l'information. « Le ministère, c'est un service public.

Il fallait faire le déplacement pour avoir la bonne information et non se contenter d'un coup de fil », a affirmé le conseil de Alioune Ndoye. Le Gaipes en a pris pour son grade. « Il a pris en otage la pêche sénégalaise. Ils ont voulu mettre la pression sur le ministre comme ils l'ont fait avec les autres, mais Alioune Ndoye n'a pas voulu céder », a fulminé Me Cissé. Il a fustigé le fait que son client soit tourné en dérision lorsqu'il a servi la citation aux journalistes. Pour le préjudice, il a réclamé le franc symbolique. « Il n'est pas là pour s'enrichir, mais il veut que son honneur soit rétabli », a déclaré l'avocat. Il a demandé au tribunal d'ordonner la publication du jugement ultérieur dans différents organes sous astreinte du paiement de 10 millions de FCfa par jour de retard ainsi que la suspension du journal « Le Témoin » pour une durée de trois mois.

Assurant les intérêts des prévenus, Me Mamadou Guèye a déclaré que « la citation est une tentative de diversion » car les journalistes ont posé des questions d'intérêt national dans un contexte de pandémie, de rareté du poisson, d'émigration clandestine. « C'est dans ce contexte que le Gaipes a fait un communiqué et il y a eu un traitement journalistique puisque la source a été citée », a plaidé le conseil. Pour lui, les éléments constitutifs du délit de diffamation ne sont pas établis car en rédigeant l'article incriminé, les journalistes n'étaient animés par aucune animosité puisque la question dépasse la personne du ministre.

« Il n'y a pas matière à entrer en condamnation car la bonne foi n'est plus à démontrer puisqu'ils ont fait une offre de preuve dès signification », a ajouté Me Guèye. Son confrère Me khoureyssi Bâ a fustigé que les autres journaux qui ont repris le communiqué ne soient pas poursuivis. Il a également déploré l'absence de la partie civile pour soutenir son accusation. Me Bâ pense que l'application de la loi demandée par le parquet ne signifie rien d'autre que la relaxe.

Le tribunal rend sa décision, le 4 février prochain.

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