Madagascar: Secteur primaire - L'Agrégation agricole pour répondre aux besoins

Il n'y aura plus assez pour subvenir aux besoins nutritionnels avec cette crise sanitaire qui perdure. C'est l'avis de chercheurs, agriculteurs et des représentants du secteur halieutique lors d'une visioconférence sur le devenir de l'Agriculture en Afrique avec la Covid-19.

Le point essentiel évoqué s'est rapporté au fait que le secteur primaire n'intéresse pas les investisseurs alors que ce n'est pas seulement l'affaire des paysans, des analphabètes et des pauvres. Madagascar ne produit pas assez ce qu'il consomme mais peu de citoyens comprennent l'enjeu de la production, de la consommation et du risque de pénurie alimentaire.

Le changement climatique a changé la donne avec la sécheresse entraînant une insuffisance de terres arables. Le marché es t pour tan t énorme en matière d'alimentation. L'autosuffisance alimentaire dépend de plusieurs facteurs comme l'ont souvent fait remarquer des chercheurs et des agriculteurs. « Il faut analyser plusieurs paramètres tels que la démographie exponentielle, les aménagements hydro-agricoles insuffisants, la mécanisation agricole déficitaire ou encore la lente résolution des milliers de litiges fonciers », a explique André Razanaka, un agriculteur de 63 ans, a Ambohimahasoa, région Haute Matsiatra.

Contrat

Cette autosuffisance nécessite un changement de comportement dans la manière de produire et de consommer. Pour le secteur public, une nouvelle approche s'impose pour faire développer l'Agriculture et la Pêche.

Un contrat d'agriculture commercial entre les producteurs et les opérateurs se présente comme une meilleure alternative pour le ministère de tutelle. « Le système d'agrégation agricole apporte plusieurs avantages. Les producteurs bénéficient des appuis des agrégateurs et peuvent ainsi améliorer le rendement, étendre la surface cultivée, appliquer les bonnes pratiques. Les agrégateurs, en retour, obtiennent des produits fiables et réguliers, en quantité soulignée dans l'engagement. Une approche qui réduira les intermédiaires et la mauvaise qualité des produits», explique Pierrot Randrianaritiana, coordonnateur du programme DEFIS (Développement des filières agricoles inclusives), mis en œuvre par le ministère de l'Agriculture, de l'élevage et de la Pêche.

Le contrat répond à un certain nombre de critères tels que la pratique de technique culturale, l'exigence des normes et de la qualité, le prix, le quota, l'assistance et le développement technologique. Un contrat d'agrégation agricole peut servir pour demander un financement auprès des partenaires techniques et financiers. L'agrégation agricole est en passe de devenir une loi pour sauver le secteur. La filière Riz en tirera bénéfice avec la réduction des intermédiaires, des retentions de stock et pour en finir avec les prix yoyo. La filière Coton a besoin de cette approche vu le poids important des usuriers dans l'exploitation. Le secteur Pêche améliorera la formalisation des activités des pêcheurs traditionnels et artisanaux.

Plus de: L'Express de Madagascar

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