Congo-Kinshasa: Allons-nous vers une nouvelle majorité (3) ou la Cour constitutionnelle a-t-elle créé une tour de Babel ?

billet

Selon la dernière décision de la «prestigieuse» cour, en donnant son interprétation de l'article 101 de la constitution (arrêt R. Const. 1453), désormais les Députés sont libres et indépendants de voter selon leur propre ligne de conduite, sans risque de perdre leurs sièges, puisqu'ils ne rendent compte qu'à leurs électeurs lors de leurs votes parlementaires et non plus à leurs partis politiques et encore moins à leurs plateformes politiques- qui n'ont aucun soubassement juridique- (sic).

En français courant, cela signifie que «les partis politiques ne décident plus mais c'est le députe seul qui décide». D'autre part, nous apprenons que ce vendredi lors de la session extraparlementaire, les députés doivent se prononcer s'ils sont de la majorité ou de l'opposition.

Cet exercice de convocation d'une session parlementaire visant la détermination d'une majorité et d'une opposition est simplement illogique et contradictoire puisque la décision de cette «haute cour» a torpillé la notion même de camp au sein du parlement.

En effet, un Député peut voter une décision fidèle à son «camp» un jour et puis, voter contre son camp un autre jour. Faut-il encore le prouver après la défenestration du bureau Mabunda? Par son propre camp? Il faudra alors à nouveau redéfinir une nouvelle majorité et par conséquent un nouveau bureau d'âge et rebelote!!! (Pince sans rire!)...

Si la décision de cette «haute» cour est sans appel par définition, il est alors temps de l'appliquer à la lettre et bannir les convocations des «chefs de plateformes» ainsi que les «autorités morales» et des «partis» puisque cette notion a été battue en brèche par la décision arrêt R. Const. 1453.

Pour vous en convaincre, je cite le numéro un de la république qui déclare- lors de la dernière convocation des «chefs des regroupements politiques» (sic!!) «les autorités morales n'existent plus. j'aime les interactions... ».

Effectivement, le Président de la République dit le droit conforme à la décision de la haute cour mais le soubassement de la convocation de ces députés n'a aucune valeur juridique puisque les regroupements politiques n'ont aucune valeur décisionnelle au parlement, selon la haute cour.

Il faudrait même invalider tous les statuts des partis et regroupements politiques en RDC puisqu'ils parlent tous de hiérarchisation et de rapport d'autorité.

Puisque la décision du regroupement politique et de subordination n'existent plus, il serait temps de ne plus ridiculiser davantage les élites congolaises, devant la face du monde.

Il faut agir en conformité avec cette mauvaise décision- qui a fait fi de toute leur propre jurisprudence (jamais vu dans le monde civilisé)- en annulant toute réunion parlementaire destinée à déterminer une «majorité» et une «minorité» puisque sans fondement juridique crédible, au risque de nous faire passer pour la «planète des singes» devant la face du monde...

Notre démocratie porte un nouveau nom: «mutakalisation constitutionnelle» puisque même l'article 64 est devenu comparable à un nudiste africain sur une plage norvégienne.

J'en appelle aux constitutionnalistes congolais à nous préserver de cette grande honte qui nous expose tous devant la face du monde. Être la risée du monde est une chose à laquelle nous sommes habitués depuis la mort de Mzee Laurent désiré Kabila mais un suicide collectif par cupidité ou manque de courage intellectuel, en est une autre! A bon entendeur, salut!

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