Afrique: Financements de la lutte contre l'immigration irrégulière depuis 2016 - 130 milliards de l'UE au Sénégal

23 Janvier 2021

Alors que la polémique enfle, suite à l'arrestation du président d'Horizon sans frontières (HSF) pour des propos tenus dans le cadre du financement de la lutte contre l'immigration irrégulière, la Délégation de l'Union européenne (UE) à Dakar a sorti un communiqué hier, vendredi 22 janvier, pour informer que 130 milliards de FCFA ont été octroyés au Sénégal, depuis 2016. Le but du financement étant la mise en œuvre de projets de développement pour fixer les jeunes dans le pays.

Ce sont des précisions enveloppées d'un voile diplomatique que l'Union européenne (UE) a servi à la presse sénégalaise dans ce contexte marqué par la détention du président d'Horizon sans frontières (HSF), Boubacar Sèye, pour «diffusion de fausses nouvelles», suite à sa sortie sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre l'immigration irrégulière. A travers un communiqué envoyé aux rédactions, l'UE renseigne qu'«au Sénégal, le fonds fiduciaire d'urgence a permis l'opérationnalisation d'un partenariat à travers 18 programmes, dont 10 nationaux et 8 régionaux pour un montant total de 198 millions d'euros (près de 130 milliards de FCFA)».

Dans la note qui nous est parvenue, il est indiqué que l'Union européenne (UE), grâce au Fonds fiduciaire d'urgence (FFU) en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique, soutient le Sénégal, depuis 2016. Le document de poursuivre que «ces fonds sont pour apporter une réponse intégrée et coordonnée aux diverses causes de la migration, des jeunes en particulier». «La jeunesse et l'emploi des jeunes sont, en effet, au cœur de chacune des actions de l'UE dans le cadre de son partenariat avec le Sénégal», précisent les autorités de l'UE.

Avant d'ajouter que le Sénégal fait partie des cibles prioritaires dans la lutte contre le phénomène. «La publication de l'Agenda européen en matière de migration, en 2015, et le nouveau cadre de partenariat avec les pays tiers en matière de migration, de juin 2016, ont permis à l'UE d'engager un dialogue intensifié avec le gouvernement du Sénégal sur les questions liées aux migrations. En juillet 2016, le Sénégal est devenu l'un des 5 pays prioritaires du cadre de partenariat».

UN SYSTÈME DE VÉRIFICATION DES FINANCEMENTS INSTAURÉ

«Les actions du Fonds fiduciaire de l'UE (FFUE) pour l'Afrique au Sénégal visent d'abord la création d'opportunités économiques et d'emplois. Le fonds encourage, en effet, la formation et l'insertion professionnelles des jeunes, soutient la création de chaînes de valeur, l'amélioration de la compétitivité des entreprises, et favorise la mobilisation des ressources de la diaspora pour contribuer au développement économique et social du Sénégal», peut-on lire dans le document. «Ces appuis sont complétés par des activités de sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière, mais aussi les opportunités offertes dans les différentes régions du Sénégal», précise la note. «Les actions du FFUE sont mises en œuvre par des partenaires très variés : Agences de coopération des Etats membres de l'UE, des Ong, des Agences de l'Onu, des Administrations et Agences publiques sénégalaises.

Elles complètent ainsi les autres dispositifs et instruments de coopération de l'UE», conclut le communiqué. «Tous les projets de l'UE, y compris ceux du Fonds fiduciaire d'urgence (FFU) font l'objet de procédures de vérification des actions et des dépenses, au cours de la mise en œuvre ainsi que des audits et des évaluations en fin de projets. Afin de s'assurer des résultats pour les bénéficiaires ciblés, l'UE a mis en place un suivi de proximité et évalue les activités menées, notamment avec la mise en place d'un système de suivi et d'apprentissage qui vise à mesurer les résultats et l'impact des projets», informe le communiqué.

A signaler que cette sortie de l'UE remet une couche sur l'arrestation du président d'Horizon sans frontières, Boubacar Sèye, qui, selon ses avocats, est poursuivi pour «diffusion de fausses nouvelles». Invité à la RFM, Boubacar Sèye avait demandé une évaluation des politiques initiées dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine. Ce, après avoir affirmé qu'il a reçu des autorités de l'UE la confirmation (des documents) que plus de 180 millions d'euros, équivalant à plus de 117,9 milliards de FCFA, ont été injectés dans des programmes mis en œuvre au Sénégal pour lutter contre la migration irrégulière en fixant les jeunes chez eux.

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