Sénégal: Réforme de la Sonacos - Les OPS de Kaolack valident la direction achats-graines

23 Janvier 2021

La proposition du chef de l'Etat de réformer la Société nationale de commercialisation des oléagineux au Sénégal (Sonacos) est bien accueillie par les opérateurs de Kaolack. Car, selon eux, ce ré-organigramme permettra la Sonacos de venir à bout de ses difficultés.

«L'idée de mettre en place une direction Achats/Graines à la Sonacos est d'autant plus pertinente, car elle va aussi permettre à cette unité de pouvoir dialoguer avec les opérateurs et les acteurs et sera en mesure de définir ses propres stratégies de collecte en faisant émerger des liens de partenariat avec l'ensemble de ses collaborateurs», a dit le président de la zone centre de la Fédération nationale des organismes privés, stockeurs et transporteurs (Fnosp/t), Cheikh Tall. Emboitant le pas, le porte-parole national de la Fnops/t, d'indiquer: «Il convient à présent de laisser le temps au temps. Une fois mise en place, la prochaine direction Achats/Graines saura définir elle-même ses propres modalités d'action et va pour autant se dresser une feuille de route afin de pouvoir renverser les tendances et corriger les multiples imperfections auxquelles la société est confrontée pendant toutes ses dernières années».

A partir des termes de référence qu'elle va nous soumettre prochainement, poursuit-il: «Nous saurons comment nous comptons travailler ensemble et définir les leviers sur lesquels nous comptons nous appuyer pour le respect strict de notre dynamique d'action». Au sujet d'un éventuel départ des opérateurs contractants avec la Sonacos, le président Cheikh Tall précisera que les opérateurs et stockeurs privés ne se sont pas auto-créés.

Selon lui: «C'est grâce à un système à la limite destructif qui voyait la Sonacos accuser de lourdes pertes financières que leur arrivée dans le système a été homologuée et leurs droits d'agir certifiés. C'était à l'époque où la Sonagraine était encore en action». Pour rappel, les opérateurs jouaient un rôle déterminant dans la marche de cette unité, car ils étaient capables de préfinancer la plupart des opérations de collecte et la Sonacos, grâce aux opérateurs, a pu éviter les milliards de frs détournés chaque année, faute de mauvaise stratégie de financement. Car à chaque saison, la société n'hésitait non plus à financer à coups de millions des citoyens ordinaires qu'elle recrutait n'importe où, chez elle ou ailleurs pour qu'ils leur achètent les stocks dont elle a besoin.

CONTRACTUALISATION AVEC LES PRODUCTEURS

Parlant cependant des changements qui pourraient être opérés au sein des contrats, autrement dit le remplacement des contrats avec les opérateurs par ceux des producteurs, le président Cheikh Tall a tenu à préciser que compte tenu de leurs moyens quasi limités et l'obligation de préfinancer parfois certaines opérations qui ne peuvent pas attendre, «la contractualisation avec les producteurs malgré sa pertinence peut laisser paraître plusieurs effets de contre-performance», souligne-t-il. Car d'habitude, les paysans sénégalais dans leur écrasante majorité ne sont pas de gros producteurs et peineront à convoyer certains importants tonnages de graines vers les usines comme les opérateurs en activité sur le terrain. «C'est peut-être une prouesse qui pourrait revenir aux organisations de producteurs», a-t-il dit. Mais là aussi, «la question de flexibilité pourrait se poser. Car si l'on prend cette année comme exemple, le prix sur lequel les opérateurs avaient planché avec la Sonacos a fortement grimpé et les opérateurs se sont alors alignés à la réalité du marché pour pouvoir satisfaire timidement son contractant» a-t-il fait savoir.

A l'en croire, «il reste évident que les opérateurs étrangers ne se limitent plus aux points de collecte où ils avaient l'habitude d'acheter, mais se donnent le privilège de s'investir partout et n'hésitent non plus à aller jusqu'à acheter leurs produits sur les abords des périmètres champêtres». Il poursuivra en disant : «Si pendant ces deux dernières années, le Comité national interprofessionnel de l'arachide s'est acquitté d'une série de prix planché qui n'a jamais été proposé au Sénégal, il va falloir aux entreprises huilières comme la Sonacos de se plier à la réalité, à ce changement de paradigme et s'aligner sur la même longueur d'onde que leurs concurrents». Pour la présente campagne, la Sonacos s'est proposé de payer le kilogramme d'arachide à 285 FCFA. Mais malgré cette offre, rien ne rassure qu'elle (Sonacos) atteindra les objectifs qu'elle s'est fixés en termes de collecte.

Plus de: Sud Quotidien

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