Centrafrique: Lutte contre les actes de violence en RCA - L'ONU exhorte les institutions internationales à enquêter

Dans le but d'attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation qui prévaut en République centrafricaine(RCA), l'expert indépendant de l'Organisation des Nations unies dans le pays, Yao Agbetse a appelé le 22 janvier, les gouvernements du monde et les institutions internationales, notamment la Minusca, le Tribunal pénal spécial et la Cour pénale internationale à enquêter sur la question.

Selon l'expert onusien, il est urgent de lancer une action concertée pour que les chefs des groupes armés et les auteurs des graves violations des droits de l'homme ainsi que du droit international humanitaire, commises en RCA, soient rapidement traduits en justice et sanctionnés. Car, toute impunité continuera d'alimenter les violences et conflits en RCA, surtout si leurs auteurs, coauteurs et complices ne sont pas arrêtés, poursuivis et jugés.

« Les responsables de ces violences doivent répondre devant des juridictions. Je déplore le fait que des milliers de Centrafricains n'aient pas pu exercer leur droit de vote et que beaucoup aient été victimes de torture ou de mauvais traitements et de menaces de mort pour avoir exercé leur droit de vote au premier tour des élections », a déclaré le porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), Vladimir Monteiro.

Encourageant l'expert des Nations unies, pour cette initiative, le représentant de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a précisé qu'environ cent vingt mille personnes ont fui le pays à cause des violences et plus de soixante mille Centrafricains sont actuellement réfugiés à l'étranger ce qui fait que le nombre de réfugiés a doublé en une semaine.

« Les violences qui touchent la RCA, depuis un mois, ont des conséquences sur le plan humanitaire. Car, des milliers de civils ont été contraints de fuir leurs maisons pour se réfugier dans la brousse, alors que d'autres ont fui le pays pour se réfugier dans les pays voisins », a déclaré, le porte-parole du HCR, Boris Cheshirkov, en déplorant le fait que la population vit dans la peur et l'effroi.

Par ailleurs pour l'ONU, les violences qu'a connu le pays, ces derniers jours, ont inversé la tendance d'un retour des réfugiés centrafricains dans leur pays. Car, le rapatriement librement consenti des Centrafricains, après des années d'exil au Cameroun, au Congo et en République démocratique du Congo, avait repris en novembre 2020, mais a été temporairement interrompu.

« L'ONU à travers le HCR, félicite les gouvernements voisins de la RCA d'avoir continué à accorder aux réfugiés centrafricains l'accès à leurs territoires et à l'asile, malgré des restrictions de mouvement imposées par la pandémie de Covid-19. D'autant plus, sur le terrain, l'agence onusienne et ses partenaires intensifient l'aide aux nouveaux arrivants, nonobstant les mauvaises infrastructures qui entravent la réponse humanitaire », a reconnu, l'ONU.

Les violences ont occasionné la dégradation de la situation humanitaire en RCA

Appelant ces pays membres à venir en aide aux populations centrafricaines, l'expert de l'ONU a spécifié que déjà fragile, la situation humanitaire en Centrafrique s'est encore détériorée. Et, plus de la moitié de la population a un besoin vital d'aide. Cependant, les différents locaux des organisations humanitaires ont été détruits et pillés. Ce qui fait que les populations sont privées d'aides humanitaires.

« Nous appelons la communauté internationale à intensifier d'urgence le soutien à la réponse humanitaire en RCA, afin de pouvoir venir davantage en aide aux personnes désireuses et qui se trouvent dans des régions reculées. Pour ses opérations dans le pays, nous avons besoin cette année de cent cinquante et un millions de dollars. Car, les besoins des Centrafricains déplacés s'accroissent et nous serons bientôt confrontés à un déficit de financement important », a précisé le HCR, avant de conclure que sans un message fort combiné à des actions concertées des pays membres de l'ONU, le pire pourrait arriver dans ce pays.

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