Centrafrique: Un criminel de guerre présumé devant la CPI

25 Janvier 2021

Mahamat Said Abdel Kani commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka a été remis par les autorités centrafricaines à la CPI.

Dans le conflit né en 2013 en Centrafrique à la suite de la destitution de l'ancien dirigeant François Bozizé, il y a des noms qui apparaissent sur la liste de ceux qui ont dirigé les milices.

C'est le cas de Mahamat Said Abdel Kani, considéré comme un commandant de la Séléka.

Cette coalition rebelle issue en grande partie de la majorité musulmane faisait face à la contre-insurrection de milices anti-balaka, essentiellement chrétiennes et animistes.

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Selon Human rights watch l'extradition de Mahamat Said Abdel Kani est une étape importante vers la justice pour les crimes graves commis par ces groupes armés. Mais il y encore du travail à faire précise Lewis Mudge responsable du bureau Afrique centrale de Human rights watch.

"Malgré le fait que c'est une très bonne chose que Mahamat Said vient d'être arrêté et transféré, il y a toujours beaucoup d'autres dirigeants de la Séléka qui sont actuellement sur le terrain et qui sont en train d'échapper à la justice. Maintenant, c'est le moment, avec les rebelles qui sont aux portes de Bangui, de redoubler d'effort pour montrer que les structures en place pour mettre fin à l'impunité sont en train de faire leur travail" explique t-il.

L'engagement de la CPI

Soupçonné de "crimes contre l'humanité, de privation de liberté, de torture, de persécution, de disparitions forcées ", ainsi que de "crimes de guerre et traitements cruels", Mahamat Said Abdel Kani a été remis à la Cour pénale internationale (CPI) par les autorités de Bangui sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par l'un des juges du tribunal en 2019. Fadi El-Abdallah, porte-parole de la CPI explique que " l'engagement de la Cour c'est d'aider les autorités centrafricaines à s'assurer que la justice ait lieu. Que les victimes puissent voir la justice fonctionner selon ce qu'on appelle le principe de complémentarité. C'est-à-dire que s'il y a certaines affaires qui ne sont pas devant les autorités judiciaires centrafricaines, ce type d'affaire pourra être devant la Cour pénale internationale".

Said Abdel Kani n'est pas le premier chef de milice centrafricain auquel la CPI s'intéresse. En novembre 2018, l'ancien chef anti-balaka Alfred Yekatom, accusé de crimes contre l'humanité, avait été remis à la Cour.

Puis en janvier 2019 c'était au tour de Patrice-Edouard Ngaïssona, considéré par la Cour pénale internationale comme l'un des plus hauts dirigeants des anti-balaka. Les deux hommes sont actuellement jugés à la CPI.

Plus de: DW

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