Madagascar: Litige foncier - Un homme meurt en plein « Kabary

Le conflit foncier entre une famille et un gendarme a été mené en « Kabary » selon le pacte communautaire « Dinabe » qui régit la sécurité dans la région Atsimo-Andrefana.

Malheureuse histoire. Manolosoa, 54 ans, est décédé dans la journée du samedi 23 janvier alors qu'il était en plein « Kabary » (assemblée) concernant l'occupation d'un terrain dans le fokontany d'Ankilitsimà, commune rurale de Milenaka, district de Toliara 2, région Atsimo Andrefana. La famille du défunt est en conflit avec un gendarme depuis près de huit ans. La famille accuse ce dernier d'avoir falsifié des documents de l'acte de vente du terrain en modifiant la superficie réellement achetée, bien au-delà de ce qui était convenu. Et c'est cet acte faussé, selon la famille, que ce gendarme présenterait partout.

« Au début de cette année, mardi après le jour de l'an, le gendarme est venu couper notre culture rizicole arguant que nous avons cultivé sur son terrain. Il est parti avec dix sacs de riz ce jour-là. Il y a une semaine encore, il est venu avec son équipe armée de fusil et de couteaux, couper et prendre notre riz », explique Falitala, le fils du défunt.

Manolosoa a défendu ses terres ce jour-là. « Il ne s'était pas laissé faire et avant que les échauffourées ne finissent dans un bain de sang, l'affaire a été traitée selon le pacte communautaire 'Dinabe' », continue le fils. Un « Kabary» est organisé par les responsables du Dinabe en présence du chef de quartier et des représentants de la gendarmerie entre autres. « Après que le gendarme avec qui on a un problème a pris parole, notre père l'a fait à son tour lorsqu'il s'est soudainement effondré », raconte son fils présent au « Kabary ».

Viol

L'homme a été emmené au CSB, mais le personnel soignant aurait signifié que le pouls de Manolosoa ne battait plus. Il sera enterré dans les jours qui viennent. Manolosoa était le père de la jeune fille de 15 ans, victime d'un viol collectif, en présence de trois gendarmes, le 24 janvier de l'année passée.

La famille avait indiqué qu'une bande de six personnes avait été envoyée par le gendarme en litige foncier avec Manolosoa. « Les six individus sont venus avec trois gendarmes armés pour faire pression sur mes deux filles, restées chez moi à Ankilitsimà, ce jour-là, alors que j'étais monté à Toliara. Ils ont alors violé ma fille cadette dans les forêts », avait alors témoigné Manolosoa à notre journal à l'époque. La famille du défunt a déposé des plaintes et les six violeurs, conduits par un certain Ramaro, sont actuellement en mandat de dépôt. Mais les gendarmes indiqués être présents ce jour-là, ne sont pas encore enquêtés.

Falitala fait savoir que son père était sur le point d'envoyer aux instances supérieures de la gendarmerie à Antananarivo, le dossier sur cette affaire de viol. De même que le genre d' « exactions » faites par le gendarme sur ces terres, qui travaillerait actuellement du côté de Berevo, à Belo-sur-Tsiribihina dans la région Menabe.

Plus de: L'Express de Madagascar

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