Congo-Kinshasa: La motion contre le premier ministre devant l'Assemblée en RDC

Sylvestre Ilunga Ilunkamba
26 Janvier 2021
interview

Les députés doivent étudier la motion de censure contre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, probablement en son absence.

L'ambiance risque d'être électrique ce mardi 26 janvier à l'Assemblée nationale congolaise. Les députés sont convoqués à 14h pour l'examen de la motion de censure contre le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Celle-ci a déjà été signée par 301 députés sur les 500 de l'Assemblée. Mais le premier ministre ne devrait pas être devant les élus cet après-midi. Il ne serait même pas à Kinshasa. Ce lundi il était à Lubumbashi pour rencontrer l'ancien président Joseph Kabila.

Que lui reproche-t-on ?

La motion de censure émane des députés qui reprochent au premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba et au gouvernement qu'il dirige d'avoir échoué à exécuter son programme tel que promis à l'Assemblée nationale.

Ils citent l'insécurité notamment qui continue dans le pays et veulent désormais mettre en place "l'Union sacrée de la nation", nouvelle majorité parlementaire voulue depuis décembre par le président Félix Tshisekedi, pour écarter l'ancienne majorité favorable à Joseph Kabila.

La crise politique dure maintenant depuis des semaines.

Pourquoi ne veut-il pas aller devant l'Assemblée ?

Le premier ministre conteste la validité de la procédure de censure que le bureau de l'Assemblée nationale lui a transmise samedi.

Mais Sylvestre Ilunga Ilunkamba bénéficie toujours du soutien de sa famille politique, le Front Commun pour le Congo (FCC) de l'ex-président Joseph Kabila. "Nous allons nous battre, nous sommes du côté de la loi", disait lundi sur la DW, Lucain Kasongo, député du FCC. Dès le mois de décembre, lorsque Felix Tshisekedi annonçait vouloir "identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l'Assemblée nationale", le FCC avait fait bloc derrière le premier ministre.

Comment réagit la société civile ?

La société civile appelle le premier ministre à démissionner s'il refuse de se présenter devant l'Assemblée nationale. La Nouvelle société civile congolaise parle "d'outrage" à l'Assemblée nationale. "C'est un outrage à l'institution, il sait que c'est très grave quand il y a outrage à l'institution", assène Jonas Tshiombela, le coordonnateur du groupe.

Que peut-il se passer désormais ?

Les prochaines heures pourraient être déterminantes. "Son refus fait que l'Assemblée nationale peut maintenant user de toutes les voies pour le faire partir de force", estime Jonas Tshiombela. C'est aussi l'avis partagé par d'autres députés. Mais cela impliquerait d'autres procédures.

Dans la population, certains habitants de Kinshasa redoutent les conséquences de la crise politique. "Ça annonce une crise qui commence et on aura du mal à s'en sortir", glisse un habitant de la capitale. "On risque d'avoir les problèmes de Lumumba et Kasavubu."

Un pessimisme partagé dès lundi par le politologue Hubert Kabasubabo sur la DW :"Ça sera une crise politique qui risque de nous faire glisser vers l'ébranlement de l'ordre constitutionnel", craignait-il.

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