Madagascar: Mahajanga - Un réfugié politique comorien arrêté à Antsohihy

Cette histoire risque de compromettre la diplomatie de notre pays étant donné que des organisations aussi bien internationales que nationales s'y interfèrent. Ces dernières dénoncent l'existence d'un ressortissant comorien appelé Mohamed Inssa Bobocha placé en garde à vue auprès de la brigade de gendarmerie de Mahajanga.

D'après les informations, cet individu serait selon le communiqué parvenu à notre rédaction, détenu auprès de cette unité depuis une dizaine de jours en vue d'une extradition manifestement illégale puisqu'aucune procédure respectant les prescriptions de la loi 2017-27 sur la coopération judiciaire pénale internationale n'a été respectée. Selon toujours les informations, Bobocha serait un ancien candidat à la présidence des îles Comores.

Se déclarant de l'opposition, il se sent harcelé et accusé à tort et à travers de terrorisme et de plusieurs infractions graves montées de toutes pièces. Ne voulant pas subir le même sort que tous les opposants politiques emprisonnés sans procès pendant des années et persécutés par le régime en place aux Comores durant les deux régimes précédents (2006-2011), Bobocha s'est enfui à Madagascar et a demandé asile auprès du Haut-Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Ayant réussi à s'installer à Madagascar, il a été arrêté à Mahajanga le 7 juillet 2020. Le 15 juillet 2020, il a été extradé aux Comores puis mis en prison.

Ayant réussi à s'évader de la prison vers mi-novembre 2020, Bobocha a rejoint Madagascar et s'est réfugié à Antsohihy où il a, de nouveau, été arrêté par des éléments de la gendarmerie d'Antsohihy le 13 janvier dernier. Les forces de l'ordre ont procédé ainsi en vertu d'un mandat d'arrêt international émis à l'encontre de cet individu, à entendre les dires du Secrétaire d'État chargé de la Gendarmerie Nationale auprès du Ministère de la Défense Nationale lors de notre entretien téléphonique sur cette affaire.

Cet officier général affirme que l'État malgache n'a fait qu'appliquer la législation en vigueur. Il tient à souligner que cet homme n'aurait jamais été un ancien candidat à la présidentielle comme il a été dit. L'État comorien l'accuse d'être un « putschiste » et d'avoir troublé ce pays, explique le SEG.

Ce dernier affirme que son extradition vers l'archipel des Comores relève du gouvernement de ce pays et cela aurait été retardé à cause de la pandémie de Covid-19 qui affecte les circulations aussi bien aérienne que maritime. Quoiqu'il en soit, l'État malgache a agi selon la loi quand il a arrêté cette personne, car cette dernière est entrée clandestinement dans notre territoire, précise le SEG. On attend alors la suite de cette affaire.

Plus de: Midi Madagasikara

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