Afrique du Sud: Délestages et coronavirus - Les malheurs ne viennent pas seuls en Afrique du Sud

Johannesburg — Depuis quelques semaines, la grogne monte en Afrique du Sud à cause du retour des terribles délestages électriques, dits «load-sheddings», opérés par Eskom, une compagnie publique d'électricité en détresse.

En l'espace de quelques jours, la pandémie du Covid-19 s'est alors perdue dans la liste des malheurs des Sud-africains. Oubliée la deuxième vague de la pandémie qui fait des ravages depuis décembre dernier, oubliée la nouvelle variante décrite comme très contagieuse, oublié même le vaccin que le pays peine toujours à sécuriser pour ses citoyens. Les délestages électriques ont, encore une fois, occupé le devant des scènes politique, économique et sociale en Afrique du Sud.

Pourtant, ces coupures de courant n'affectent pas tout le monde de la même façon. Alors que certains Sud-africains ont dû acheter des bougies pour faire face à l'obscurité, les plus nantis n'ont pas eu à s'inquiéter outre mesure. Pour eux, les délestages ne sont qu'un sujet parmi d'autres qu'ils découvrent, par hasard, dans les journaux ou sur les réseaux sociaux.

Dans les quartiers huppés de la capitale Pretoria ou des grandes métropoles comme Johannesburg, le Cap ou Durban, les complexes résidentiels des plus fortunés sont équipés de générateurs électriques qui épargnent à cette catégorie bienheureuse le désagrément de passer des soirées à la chandelle.

Depuis 2005, le pays le plus industrialisé d'Afrique peine à alimenter son réseau électrique avec suffisamment d'électricité pour la consommation des ménages et des entreprises. Pour cause, des centrales électriques vieillissantes suite à un manque d'entretien et d'investissements dans ses infrastructures.

Si les délestages électriques font ainsi partie du quotidien des Sud-africains, dans le contexte actuel marqué par la crise sanitaire du coronavirus et les restrictions imposées pour y faire face, l'impact est encore plus durement ressenti, notamment par les plus vulnérables.

Edith, une femme de ménage qui habite au quartier populaire de Soweto, décrit le calvaire quotidien qu'elle endure dans les transports publics pour arriver à son lieu de travail situé à Sandton, le quartier des affaires de la ville de Johannesburg.

«Il me faut plus d'une heure pour arriver à mon travail à cause des embouteillages monstres créés par les pannes des feux de circulation à cause des délestages», a-t-elle déploré dans une déclaration à la MAP.

Dans la même veine, Lethabo, un jeune cadre bancaire, a décrit la situation actuelle de «catastrophique», notamment avec la deuxième vague du coronavirus que traverse le pays, soulignant que «les masques perdent toute efficacité quand on passe tout ce temps dans des minibus bondés».

«Je paie mes impôts, mais en retour le gouvernement ne fait pas le nécessaire pour assurer le bon fonctionnement des services publics et à leur tête la compagnie publique Eskom», a-t-il regretté.

En réaction à ce ras-le-bol, le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'est engagé à restaurer la compagnie pour lui rendre toute sa capacité de production et sa gloire passée.

Mais avec une dette de près de 30 milliards de dollars, Escom, qui fournit 95 pc de l'électricité consommée en Afrique du Sud, ne semble toujours pas trouver le bon chemin pour remédier à ses problèmes.

Les Sud-africains ne voient donc pas comment cette compagnie pourrait être sauvée, surtout dans ce contexte morose où la dette publique est montée en flèche et où les caisses de l'Etat ont été vidées à cause, entre autres, de la corruption et de la pandémie du Covid-19.

Plus de: MAP

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