Congo-Kinshasa: Allons-nous vers une nouvelle majorité «mutakalisée» constitutionnellement (4) ?

billet

Une motion de censure signée par une majorité de députés a été déposée au bureau du doyen d'âge mais que dit le règlement d'ordre intérieur de l'assemblée nationale? Il suffit de consulter ses articles 12 et suivants pour se rendre compte que cette prérogative n'y figure pas, parce que cette mission est réservée au bureau définitif, à l'évidence. Cette question ne devrait logiquement pas faire débat pour tous les hommes de bonne foi qui nourrissent un souci sincère pour la construction de notre démocratie sur des bases solides et éclairées par nos textes légaux.

Par ailleurs, si le parlement est le temple de la démocratie congolaise, il faudrait se demander où se cachent ses «sacrificateurs»? Y aurait-il complot entre Hérode, Ponce Pilate et le grand sacrificateur? Si tel est le cas, alors la crucifixion de la majorité actuelle est une certitude.

Cependant la libération pilatienne de Barabas a également conduit à la destruction de la ville de Jérusalem. Il y eut aussi des crucifixions en masse qui entraînèrent un exode massif du peuple juif vers d'autres cieux...

Il fallut attendre plus de mille ans pour leur retour à la terre sainte qui était déjà occupée par un autre peuple...

Puisque la majorité des députes ont signé cette motion de censure contre le gouvernement Ilunkamba, pouvons-nous en déduire qu'il s'agit d'une «nouvelle majorité»? Certainement pas puisqu'une majorité parlementaire découle directement d'une phase électorale. Il est indéniable qu'il existerait une nouvelle dynamique consensuelle sur des sujets précis qui pourrait aboutir à une nouvelle dynamique gouvernementale.

Lorsque les équilibres du parlement sont bouleversés, le constituant est appelé à se prononcer sur la nouvelle configuration parlementaire au travers du vote. Cette pratique universelle du monde démocratique aurait dû être assimilée par ceux qui ont lu notre constitution, en sont les garants ou sinon à défaut ont vécu dans les pays à longue tradition démocratique...

Est-il constitutionnellement correct de définir cette majorité à partir d'un formulaire établi par le bureau d'âge, sans une procédure légitimement approuvée par le peuple? Cette réponse est aussi une évidence pour ceux qui ont vécu dans des pays constitutionnellement ancrés. A défaut de cette validation électorale, cette pratique s'apparenterait à un marchant du Zando de Kinshasa qui vous servirait du caviar sur des feuilles de manioc...

Il est compréhensible que ceux qui ambitionnent d'entrer au gouvernement s'activent pour la fin de l'équipe actuelle mais est-il légitime d'y accéder, en bafouant sans vergogne notre socle démocratique pour des calculs à court terme?

Les semaines suivantes seront fort riches en rebondissements malheureux pour notre pays... Si l'objectif est le changement au profit du peuple, les moyens utilisés portent les germes de la destruction de ce merveilleux projet sacré... Il faudrait avoir beaucoup de recul pour en arriver à cette conclusion.

L"espoir n'est-il pas dans la Vérité de la Justice et non dans la Célérité, au risque de faire fi du cadre juridique de notre Jeune Démocratie ?

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