Burkina Faso: Le ministre de la Réconciliation rencontre une association pro-Compaoré

Journée marathon mardi 26 janvier pour Zéphirin Diabré, ministre d'État, chargé de la Réconciliation nationale. Dans son cabinet, il a reçu, d'une part, quatre organisations représentant les parents de victimes de l'insurrection populaire de 2014 et du coup d'État manqué un an après. Et il a également rencontré d'autre part les organisations de la société civile militant pour un retour au pays des exilés, notamment celui de l'ancien président Blaise Compaoré. Mais à la sortie de la rencontre, l'ambiance a été parfois tendue.

Pour le ministre d'État Zéphirin Diabré, l'un des objectifs était de mettre d'accord les représentants des victimes de l'insurrection et du coup d'État manqué, et les blessés. C'est en rang dispersé que ces différentes associations ont été reçues par le ministre. Pour un apaisement des cœurs, il faut passer par la case « vérité » selon Dramane Ouedraogo, le président de l'Association des blessés de l'insurrection populaire (Abip) d'octobre 2014 :

« Il faut que ceux qui ont donné l'ordre de nous maltraiter, de nous matraquer et de nous tirer dessus avec des balles, acceptent de reconnaître qu'ils ont eu tort et que ils demandent publiquement pardon. Mais si on enlève la justice et qu'on parle seulement de réconciliation, alors là, il y a un problème. »

Depuis 2015, des organisations de la société civile prônent la réconciliation nationale. En attendant le format qui sera proposé, ces organisations souhaitent le retour et la participation des exilés, comme l'ancien président Blaise Compaoré, au processus. Pascal Zaïda, coordonnateur du Cadre d'expression démocratique (CED), s'exprime :

« La question du retour de l'ensemble des exilés a effectivement été évoquée. Je pense à un format qui serait défini pour voir dans quelles conditions les anciens chefs d'État pourraient éventuellement rentrer et même être des acteurs principaux pour la suite à venir. C'est un format qui va réunir tout le monde. Naturellement, nous sommes partants pour cela. »

Ces responsables d'associations estiment qu'aucun citoyen burkinabè ne doit rester hors du pays sur la base de ses opinions politiques ou autres.

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