Afrique: Journée mondiale de la culture africaine - Les alliances inter-ethniques à l'honneur

26 Janvier 2021

Costumes traditionnels, parades des communautés ethniques, danses traditionnelles, tables rondes et réflexions solides sur les différentes variantes de la culture africaine, avec un accent particulièrement sur l'importance des alliances interethniques dans la construction de la cohésion sociale dans l'Afrique traditionnelle.

C'était le contenu des festivités de la deuxième édition de « La journée mondiale de la culture africaine et des Afro descendants » qui s'est déroulée le 24 janvier, à la place du rond-point de la rue 12 de Treichville. Un rendez-vous au cours duquel les échanges intellectuels ont surtout mis l'accent sur l'une des valeurs sociétales de la tradition africaine reconnues à travers le système des alliances interethniques.

Décortiqué sur le plateau par d'éminentes personnalités que sont l'académicienne de l'Ascad Were Were Liking, Kassoro W, président de l'Ong Parle, Fodjo Kadjo Abo, inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires, mais surtout auteur et autorité coutumière ainsi que le journaliste Bamba Alex Souleymane.

Le thème sur les alliances interethniques a donné l'occasion aux conférenciers de mettre en lumière ce système de valeur qui rythme la vie traditionnelle et qui pourrait être revisité dans une vision de construction de la cohésion sociale dans la vie moderne.

De Amadou Hampaté Ba à la nécessité de transmettre le savoir

A cette rencontre où hommage a aussi été rendu à Amadou Hampaté Bâ, nommé « Le sage de l'Afrique », Anne Lemaistre, représentante de l'Unesco en Côte d'Ivoire, a annoncé quelques-unes des préoccupations de l'institution pour assurer la transmission de certains savoir dans une vision de pérennisation : « Nous sommes en train d'élaborer une œuvre qui réunira des médiateurs de la paix et qui participent à la consolidation de la paix, sur la base des alliances inter ethniques, pour donner des repères aux jeunes générations ».

Au nom de sa directrice générale, Audrey Azoulay, Anne Lemaistre a salué l'avènement de la journée mondiale dédiée et rappeler l'origine de cette initiative dont la date du 24 janvier a été choisie pour coïncider avec celle de l'adoption, le 24 janvier 2006, de la charte de la Renaissance culturelle africaine, par l'Union africaine. « Mais c'est récemment seulement, en novembre 2019, à la conférence générale de l'Unesco, que cette journée a été finalement reconnue », a-t-elle fait savoir. Puis de revenir sur les objectifs de cette journée qui sont de valoriser les cultures vivantes du continent africain et des diasporas africaines, tout en les portant au service du développement durable, du dialogue et de la paix.

Selon elle, cette journée sonne comme le début d'une prise de conscience positive des atouts de la culture africaine par le peuple africain. « Comme vous le savez, l'Unesco a inscrit l'Afrique comme l'une de ses priorités principales et œuvre à promouvoir la contribution du patrimoine et de la créativité du continent à la paix, au développement durable et à l'intégration régionale. Cela, parce que la culture, c'est ce que nous faisons au quotidien. Ce sont les arts, mais c'est aussi les modes de vie, les systèmes de valeur (les traditions et les croyances). La culture façonne notre identité et elle permet des systèmes équitables, car centrée sur l'être humain. Aucun développement ne peut être durable sans la culture, car c'est la culture qui en assure la durabilité. Développer, c'est d'abord se développer. C'est le substrat culturel de ce que nous sommes », a-t-elle déclaré.

La part de la Côte d'Ivoire, reconnu par l'Unesco

Pour elle, la Côte d'Ivoire est riche aussi de la diversité de son patrimoine et connait également un foisonnement dynamique de créations artistiques et d'entreprises culturelles. Célébrer cette journée mondiale en Côte d'Ivoire, c'est aussi célébrer la diversité de la culture ivoirienne avec ses patrimoines connus et reconnus par l'Unesco. « Je citerai Grand- Bassam, le parc national de Taï, le parc national de la Comoé, le Mont Nimba. Ces trois derniers sont inscrits au titre de trésors naturels de l'humanité que je vous encourage vivement à connaître et à aller visiter. A ces trésors naturels, nous ajoutons le patrimoine vivant sur la liste représentative de l'Unesco et en Côte d'Ivoire, il y a le Gbôfè qui est un instrument de la musique traditionnelle Tagbana, le balafon des communautés senoufo de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Burkina Faso et enfin le Zaouli qui est une danse de la communauté gouro de Côte d'Ivoire », a-t-elle fait savoir.

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