Sénégal: Méthodes de contraception - Les injectables supplantent implants, pilules et préservatifs

27 Janvier 2021

Family planning 2020 (Fp2020) a publié hier, mardi 26 janvier 2021, son rapport sur l'avancement annuel de la planification familiale dans 69 pays cibles, dont le Sénégal. Concernant notre pays, le document a fait ressortir une tendance à utiliser les injections, mieux que les implants, par des femmes qui sont en majorité issues du monde rural ou de familles démunies. L'étude concerne la période 2012-2020.

«Au Sénégal tout comme au Mali, où les injectables étaient la méthode la plus courante, les implants sont devenus la méthode la plus utilisée à partir de 2018», indique le rapport de Family planning 2020 (Fp2020), publié hier, mardi 26 janvier 2021. De manière générale, dans 33 pays parmi la cible, la prévalence des implants a augmenté entre les deux enquêtes (2012 et 2020, sauf dans un pays (la Mauritanie). L'utilisation des produits injectables et des dispositifs intra-utérins (Diu) a augmenté dans 22 pays.

En revanche, les pilules, les préservatifs masculins et la stérilisation féminine ont tous diminué dans plus de pays qu'ils n'ont augmenté. Les implants et les injectables ont enregistré la croissance moyenne la plus rapide dans les 33 pays, entre les deux périodes. L'utilisation des implants a augmenté en moyenne de 0,4 point de pourcentage par an, représentant une augmentation totale moyenne de la prévalence des implants de 2,5 points de pourcentage (sur la base de l'écart moyen de six ans entre les deux enquêtes). L'utilisation des injectables était déjà beaucoup plus courante et a augmenté plus lentement, avec une hausse moyenne de la prévalence des injectables de 0,8 point de pourcentage entre les périodes.

La seule autre méthode dont la prévalence a évolué entre les périodes d'enquête est le Diu, dont l'utilisation a augmenté en moyenne de 0,3 point de pourcentage entre les périodes. En juillet 2020, le nombre d'utilisatrices de méthodes modernes de contraception en Afrique avait augmenté de 66% depuis 2012, passant de 40 millions à plus de 66 millions de femmes et de filles. Cette croissance a été la plus prononcée en Afrique Centrale et de l'Ouest, où le nombre d'utilisatrices de méthodes modernes de contraception a doublé en 8 ans.

FORTE PRATIQUE DU PLANNING FAMILIAL DES FEMMES RURALES MARIÉES ET CELLES DÉFAVORISÉES

«Dans la plupart de ces pays, la pratique de la contraception moderne (Pcm) chez les femmes mariées a augmenté au cours du partenariat Fp2020. Des augmentations statistiquement significatives de la Pcm ont été constatées chez les femmes rurales mariées dans sept (7) pays africains (Burundi, Éthiopie, Malawi, Ouganda, Sénégal, Sierra Leone et Zimbabwe)», fait ressortir le rapport. Il signale, en outre, que des acquis statistiquement significatifs ont également été observés chez toutes les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans dans quatre pays africains (Malawi, Ouganda, Sénégal et Sierra Leone).

Dans l'ensemble, les résultats soulignent que les acquis, en matière de Pcm, ont été constatés parmi les groupes relativement défavorisés, y compris les femmes rurales, les moins instruites, les plus pauvres et les plus jeunes (15-24 ans). Le rapport montre que sur 21 pays, dont le Sénégal, ayant réalisé deux enquêtes démographiques et de santé entre 2010 et 2020, la majorité a vu le taux de natalité chez les adolescents baisser lors de leur dernière enquête. Dans 10 des 21 pays que sont Burundi, Guinée, Haïti, Inde, Indonésie, Malawi, Nigeria, Philippines, Sénégal et Timor-Leste, les baisses ont été importantes. Le document d'ajouter que si l'on étudie de plus près ces pays, le changement est dû, en grande partie, à l'augmentation de l'utilisation des contraceptifs chez les adolescentes mariées, car la grande majorité des naissances chez les adolescentes surviennent dans le cadre du mariage.

LA COVID BLOQUE L'ACCÈS AU SERVICE

«Dès les premiers mois de 2020, la pandémie perturbait déjà considérablement les programmes de planification familiale. Les mesures destinées à ralentir la propagation du virus, telles que le confinement et les couvre-feux, entravaient également l'accès aux services de contraception. Si certains gouvernements ont agi rapidement pour classer la planification familiale parmi les services essentiels, d'autres ne l'ont pas fait.

De nombreuses cliniques ont été temporairement fermées ; nombre de celles restées ouvertes ne disposaient pas d'équipements de protection individuelle (Epi) adéquats afin de permettre aux agents de santé de fournir en toute sécurité des implants, des Diu et d'autres méthodes cliniques de contraception», renseigne le document. Pis, «les restrictions de mouvement et la crainte liée au virus ont empêché de nombreuses femmes et jeunes filles de se rendre dans les cliniques, tandis que le manque généralisé d'informations et de directives claires en particulier pour les jeunes n'a fait qu'aggraver la crise», lit-on dans le rapport. Par ailleurs, les perturbations profondes des chaînes d'approvisionnement mondiales ont également affecté la disponibilité des produits contraceptifs. Les retards de production, les arriérés, l'encombrement des voies de navigation, la lenteur des formalités douanières et le manque de moyens de transport ont tous contribué à une montée temporaire de ruptures de stock au cours des premiers mois de la pandémie.

Deux tiers des 103 pays étudiés par l'Organisation mondiale de la santé (Oms) ont signalé des perturbations des services de planification familiale et de contraception. En avril, le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap ou Unfpa en angalis) prévoyait dans le pire des cas, la perte de l'accès à la contraception par 47 millions de femmes et de filles dans 114 pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires.

LE SÉNÉGAL TROUVE DES ALTERNATIVES

Au Sénégal, le ministère de la Santé et de l'Action sociale a travaillé avec ses partenaires en vue de l'élaboration d'un plan de riposte complet visant à garantir les soins de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile (Srmni), pendant la pandémie, avec des conseils sur la prestation de services essentiels, la protection des agents de santé et des patients, la surveillance de la chaîne d'approvisionnement, l'utilisation de la délégation des tâches et d'autres modèles de prestation de services ainsi que la facilitation d'une communication claire et précise avec le public.

Aussi le Sénégal a été l'un des pays qui a essayé de s'attaquer aux obstacles psychosociaux aux services, comme les craintes des femmes de se rendre dans les établissements de santé pendant la pandémie, et une coalition d'Organisations de la société civile (Osc), d'infirmières et de sages-femmes sénégalaises a été formée en vue de l'élaboration de stratégies à cet effet.

Au Sénégal, Lab-Santé (Ligue africaine des blogueurs sur la santé, la population et le développement) s'est associée au Fnuap et au gouvernement sénégalais pour lancer la campagne «JögCiCovid-19», menée par des jeunes, par le canal des réseaux sociaux, afin de partager des informations essentielles sur la Covid-19 et les soins de santé pendant la pandémie.

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.