Congo-Kinshasa: Sac de nœuds

Le président congolais Félix Tshisekedi (d.) et Sylvestre Ilunga Ilunkamba, en mai 2019 à Kinshasa (illustration).

367 Députés nationaux ont donné de la voix à travers les urnes, le Gouvernement Ilunkamba est tombé. Rien d'étonnant, d'autant plus que la majorité avait déjà suffisamment basculé à l'Assemblée nationale, en faveur de la nouvelle pépite, l'Union sacrée de la Nation.

Félix Tshisekedi franchit un pas important dans sa conquête d'une santé politique devant lui permettre de faire asseoir sa vision, après sa rupture d'avec le camp de son prédécesseur qui, selon lui, s'est érigé en obstacle géant du développement du pays durant environ deux ans.

Après la nomination d'un Informateur dont la mission qui devient de plus en plus facile s'achèvera dans les prochains jours, le président de la République fait éclater le Gouvernement central qu'il devra réformer cette fois à sa guise. Enfin, avec les nouveaux alliés Katumbi et Bemba qui ne viennent pas les mains vides, ni les poches pleines d'ailleurs. Mais aussi les « ex-Kabilistes » qui ont miraculeusement ouvert les yeux après 18 ans passées dans le coma.

La prochaine grande bataille de fait, est recentrée au niveau de l'Assemblée nationale où le Bureau définitif sera connu le 3 février prochain, sauf changement de calendrier.

En parlant du Bureau définitif, pour Ilunga Ilunkamba, c'est le seul doté des pouvoirs de plein exercice pour instrumenter les actes afférents à toute motion de censure. Il l'a dit ce mercredi avant sa chute, à travers une réplique adressée au Bureau d'âge qui, a précisé le Doyen, ne peut aucunement excéder le cadre de la gestion des affaires courantes de l'Assemblée Nationale.

Il a décliné en six points, sa position par rapport aux allégations des motionnaires. En gros, Sylvestre Ilunga note la gestion orthodoxe des finances publiques avant l'investiture du Gouvernement qu'il a dirigé, la pandémie de covid-19 et ses effets néfastes sur l'économie, le maintien stable du cadre macroéconomique, mais aussi la présence des pesanteurs politiciennes au regard du caractère paradoxal de la motion dont il est question.

Effectivement, les langages politique et juridique s'entredéchirent de nouveau autour de la motion de censure contre le désormais ancien chef du Gouvernement congolais. Mille articles, dix milles interprétations toutes différentes. Les débats de juristes refont surface et évidemment personne n'a tort. Selon les penchants politiques qui les animent, les violons ne s'accordent pas entre les hommes de Droit.

La Cour constitutionnelle que certains accusent déjà d'être à la merci du chef de l'Etat a récemment reconnu les prérogatives de la chambre basse du Parlement qui, selon elle, ne sont pas forcément rattachées à un quelconque bureau.

Dans tout cela, il y a du vrai et du faux, du régulier et de l'irrégulier, comme l'a soulevé un élu.

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