Madagascar: Drame dans un chantier - Un mort et neuf miraculés à Anosizato

Deux niveaux se sont effondrés sur le chantier d'un immeuble de grande envergure en construction, pour s'écraser sur des ouvriers travaillant au premier étage.

Un bruit sourd a secoué Anosizato dans la matinée d'hier. Dans un chantier de construction d'un immeuble de grande envergure, des dalles hourdis se sont affaissées. Une réaction en chaîne s'ensuivit. Le troisième ainsi que le deuxième niveau du bâtiment en construction se sont effondrés, écrasant sous des centaines de tonnes de béton et de ferrailles des ouvriers piégés au premier étage.

Le bilan fait état d'un mort et de neuf rescapés. Le drame s'est produit aux alentours de 9h30. Trois heures plus tard, les sapeurs-pompiers ont réussi à extirper des gravats le corps inerte d'un ouvrier. Des collègues du malheureux ont par ailleurs réussi à s'extraire par une brèche entre les dalles qui ont quasiment aplati le niveau où ils se sont retrouvés coincés. Vers 13 heures, des ouvriers du chantier disaient encore avoir entendu des cris étouffés jaillissant des décombres.

« Nous étions en train de faire du nettoyage au premier étage lorsque le pire s'en produit. En quelques fractions de secondes, toute la structure est tombée sur nous. Impossible de fuir », confie Tokinirina Nomenjanahary , parmi les blessés. Bien que soulagé d'avoir échappé à la mort, son compagnon d'infortune, Rolland Rakotoarison, était néanmoins sous le choc lorsqu'il a été interrogé.

« Lorsque l'effondrement s'est produit, nous nous sommes retrouvés coincés dans une poche exiguë d'une hauteur d'à peine 30 centimètres. Notre premier réflexe était d'appeler au secours mais personne ne semblait entendre nos cris de détresse. Il nous a fallu ramper longtemps, le ventre à même le sol, avant que nous n'apercevions enfin la lumière à travers une interstice », relate le rescapé.

Incertitude

Confrontés à l'incertitude de pouvoir s'en sortir ou non, les sept ouvriers rassemblés dans le petit espace auquel ils doivent la vie se sont glissés tant bien que mal à travers l'ouverture.

« Une seule chose me hantait. Qu'adviendra-t-il de mes enfants », s'est interrogé Larry Rakotoniaina, un autre survivant.

«Notre sort était fixé par nos tailles respectives. Heureusement qu'aucun de nous n'était volumineux, autrement nous n'aurions pas pu nous en sortir », ajoute-t-il. Sitôt sortis du champ de ruines, ils ont sauté du premier étage. En bas, un véhicule de secours et d'assistance aux victimes des sapeurs-pompiers les attendait pour les évacuer aux urgences.

Les employés qui travaillaient au troisième niveau au moment des faits ont en revanche eu plus de peur que de mal. « Nous étions en train de couler du béton lorsque tout s'est affaissé quand les poutres ont cédé. Dans un sauve-qui peut, nous avons dû sauter », raconte pour sa part Tojo Fetraniaina Rakotoarison.

L'intervention des sapeurs pompiers était dangereuse et risquée. Pour dégager la dépouille dans ces ruines instables, ils ont dû recourir à une grue mobile du Bureau national de gestion des risques et catastrophes, sur laquelle ils ont installé un harnais où le corps a été placé.

Plus de: L'Express de Madagascar

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