Congo-Kinshasa: Kinshasa au secours de l'exploitation minière

27 Janvier 2021

Malgré les accusations de corruption, le pouvoir congolais investit dans la relance de la Société minière de Bakwanga.

Félix Tshisekedi a décidé d'investir cinq millions de dollars dans la relance de la Société minière de Bakwanga, la MIBA. Il s'agit d'une priorité pour le président congolais. L'ancien poumon économique du Kasaï est en effet en faillite depuis plusieurs décennies.

Au fil des années, des cas de vols de diamants, de détournements de fonds et la mauvaise gestion de l'entreprise ont pourtant été à plusieurs reprises dénoncés et même portés devant la justice, mais à chaque fois sans aboutir à des condamnations.

Alors la volonté d'investissement du chef de l'Etat est mal accueillie par la société civile locale.

"Magouilles"

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) pense en effet que l'argent n'est pas le seul préalable pour la relance de la MIBA. Nicolas Mbiya est membre de la Lucha à Mbujimayi :

"Cette relance s'organise mal, elle s'organise dans un environnement où les diagnostics ont été très mal posés. D'abord le diagnostic humain : les dirigeants qui sont à la tête de la MIBA sont cités dans des rapports comme des personnes étant responsables de sérieux dysfonctionnements au niveau du management, de l'exploitation et des finances."

Cet activiste de la Lucha et membre du mouvement Debout MIBA ajoute qu'il faut changer l'ensemble de la direction de la société. Et faire toute la clarté sur les soupçons de détournement d'argent public et de corruption :

"Si on veut vraiment éviter ces genres de choses, il faut obligatoirement un audit très sérieux. Celui-ci doit être organisé par un cabinet extérieur et non pas par les auditeurs de la MIBA. On veut qu'il y ait un organisme indépendant qui audite la Miba et qui mette à nu toutes les magouilles."

Audit externe

Cette position est partagée par le lanceur d'alerte de la Société minière de Bakwanga. Claude Mianzuila estime que les millions de dollars versés à l'entreprise dans son état actuel ne contribueraient pas à la relance de la MIBA.

L'ancien consultant de la société ajoute que tout devrait commencer par établir des sanctions contre ceux qui sont impliqués dans la mauvaise gestion de la société :

"Commençons tout d'abord par nettoyer ce qui doit l'être, c'est-à-dire par instaurer une gestion orthodoxe, en mettant de côté tous les acteurs qui ont eu à participer à des malversations ou dans le vol de diamants, à les déférer devant des instances judiciaires afin qu'il puisse y avoir des jugements et des condamnations et que cela puisse servir de leçon aux éventuels futurs mandataires."

Depuis la suspension du comité de gestion en mai passé, la MIBA est aujourd'hui dirigée par un comité de gestion intérimaire.

Le gouvernement congolais a promis de décaisser en tout 40 millions de dollars par le truchement de la FBN Bank, ce qui représente 80% des créances de la Miba qui seraient prises en charge par l'Etat.

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