Congo-Kinshasa: 3 ans de prison pour l'ancien président de la Céni

Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Vue du siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa sensibilisation des électeurs.
27 Janvier 2021

Daniel Ngoy Mulunda a été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal de Lubumbashi. Ses avocats dénoncent un procès expéditif.

Selon maître Jean Mbuyu, l'un des avocats de Daniel NGoy Mulunda, la condamnation de son client et son absence lors de l'énoncé du verdict reflète le non-respect des procédures par la justice congolaise.

Daniel Ngoy Mulunda a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir tenu des propos incitant à la haine ethnique et brandi la menace d'une partition de la région du Katanga, lors de la commémoration du 20e anniversaire de la mort de Laurent-Désiré Kabila.

Des termes qualifiés de "sécessionnistes" par le pouvoir congolais mais aussi par l'ONG La voix des sans voix.

Pour maître Jean Mbuyu, avocat de Daniel Ngoy Mulunda et ancien conseiller spécial de Joseph Kabila, le procès intenté contre son client a été expéditif :

"Hier en fin d'après-midi, le tribunal lève la séance et renvoie le prononcé à aujourd'hui midi. Nous sommes allés à la prison à midi parce que c'est là que la séance devait se tenir et on nous informe qu'il n'y aura pas de séance parce que la décision a été rendue durant la nuit à 23h, à un autre endroit que celui où le tribunal avait siégé. Nous sommes allés alors au greffe à la recherche de cette décision. On a alors appris, en passant, sans avoir accès au dossier, qu'effectivement il y a eu une décision hier, durant la nuit, à 23h."

Réaction de l'ACAJ

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) a suivi le procès du début jusqu'à la fin en dépêchant ses collaborateurs sur place à Lubumbashi.

Georges Kapiamba a conduit l'équipe et estime que toutes les procédures judiciaires ont été respectées et que ce sont les avocats de Daniel Ngoy Mulunda qui se sont retirés :

"Le procès a été observé par l'ACAJ, les avocats étaient là, ils ont soulevé des exceptions, ils n'ont pas eu gain de cause. Ils ont décidé eux-mêmes de se retirer. Nous considérons qu'il s'agit d'un avertissement lancé à l'endroit de tous les leaders politiques qui doivent savoir que la liberté ou les libertés d'expression et d'opinion comportent une obligation de responsabilité, qu'il faut être prudent et ne pas développer un discours d'incitation à la haine tribale ou ethnique en RDC."

Daniel Ngoy Mulunda, proche de l'ancien président Joseph Kabila, avait été arrêté le 18 janvier à Lubumbashi.

Son interpellation avait provoqué des troubles dans la ville sur fond de tensions politiques entre Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi.

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