Sénégal: Street ART - Le graffiti éduque à l'inclusion sociale

27 Janvier 2021

À travers un projet artistique dénommé «Street art et inclusion», l'Agence italienne de coopération et de développement (Aicd) a choisi le graffiti pour éduquer à la tolérance sociale, concernant particulièrement les personnes en situation de handicap.

Pour la Journée internationale de l'éducation, l'Agence italienne pour la coopération et le développement (Aicd) a choisi le graffiti pour affirmer la force de l'art comme levier social pour la transmission, la responsabilisation et la sensibilisation. Ainsi, l'agence a engagé un collectif et deux artistes graffeurs pour trois fresques murales à la Médina, aux Parcelles assainies et à Yeumbeul, qui sensibilisent sur les conditions des personnes en situation de handicap. Selon un communiqué, le projet porte le nom de «Street art et inclusion». On y trouve Docta Graff, le pionnier de cet art au Sénégal, qui a choisi la façade ouest du stade Iba Mar Diop de Dakar. Zeinixx, première femme graffeuse du Sénégal, a craché ses bombes colorées sur le mur externe de l'école élémentaire de l'Unité 4 des Parcelles assainies. Elle a collaboré, pour son œuvre, avec King Mow, Man Innow et Nohine. Enfin, Undugraffiti, un collectif de graffeurs de la banlieue dakaroise. Ce groupe a suivi son objectif artistique en valorisant les murs de leur quartier bastion, Yeumbeul. Ils ont colorié les murs du terrain de basket de cette commune.

La ligne en commun des artistes cooptés et de leurs œuvres a été de déconstruire l'image de personnes en situation de handicap dans le milieu de la communication sociale. Des individus souvent montrés et représentés autour des clichés de l'aumône et de la compassion. Il ressort des trois fresques murales l'importance d'éduquer la société sénégalaise au respect des différences et à la promotion d'une culture inclusive dans laquelle chacun, «y compris les personnes en situation de handicap», peut s'épanouir, réaliser ses propres rêves et apporter une valeur ajoutée aux communautés dans le cadre socioéconomique. Ces trois œuvres se rejoignent aussi sur les choix stratégiques des tribunes, situées dans des quartiers populaires et des zones très fréquentées de toutes les couches sociales.

L'Agence italienne pour la coopération et le développement (Aicd) met ainsi en œuvre des activités de communication et de sensibilisation communautaires pour la promotion de l'inclusion sociale des personnes en situation de handicap par le biais du graffiti. Au sujet de cet art urbain, l'agence considère qu'au Sénégal, le graffiti a une grande dimension socioculturelle et parvient à toucher toutes les populations à travers les scènes immortalisées et les personnages représentés sur les murs urbains. «Étant un art ancré dans la culture hip hop, le graffiti s'adresse aussi aux nouvelles générations, vrai moteur de changement pour le continent africain», ajoute l'Aicd, dans le communiqué pour motiver ses choix dans ce projet artistique et citoyen.

Plus de: Le Soleil

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