Afrique: Résistance aux antimicrobiens - réunion des leaders de la communauté scientifique, de l'industrie et de gouvernements

communiqué de presse

Rome — Il faut agir davantage pour enrayer cette pandémie qui se propage lentement, a déclaré le chef de la FAO.

Aujourd'hui, des dirigeants mondiaux de premier plan venant de la communauté scientifique, de l'industrie et de gouvernements se sont associés aux efforts menés par les Nations Unies dans le domaine de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, que le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, a comparé à une pandémie qui se propage lentement.

Le Groupe de direction mondial sur la résistance aux antimicrobiens intégrant le principe «Un monde, une santé», coprésidé par Mme Mia Amor Mottley, Première Ministre de la Barbade, et Mme Sheikh Hasina, Première Ministre du Bangladesh, a tenu sa première réunion, à laquelle ont participé en tant que membres une vingtaine de ministres, de scientifiques de renom et de chefs de fondations et d'entreprises du monde entier. La liste complète des membres du Groupe de direction mondial peut être consultée ici.

Créé en novembre 2020 par la FAO, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Groupe, auquel participera désormais le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), a pour mission d'attirer l'attention mondiale sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et de catalyser les efforts de tous les secteurs dans ce domaine, ainsi que de veiller à la disponibilité de médicaments d'importance majeure à l'avenir.

«Nous croyons fermement que ce groupe va jouer un rôle de premier plan et faire progresser la lutte contre la résistance aux antimicrobiens en entretenant la dynamique politique, en ralliant le public à cette cause et en mobilisant des ressources à tous les niveaux», a déclaré M. Qu Dongyu, le Directeur général de la FAO, à l'ouverture de la réunion.

Il a ensuite souligné que la covid-19 avait mis en évidence l'interdépendance des systèmes agroalimentaires et des systèmes de santé à tous les niveaux et que ce constat était très pertinent en vue de la gestion de la résistance aux antimicrobiens, qu'il a comparé à une «pandémie qui se propage lentement» et qu'il a qualifié de «menace sérieuse».

Les médicaments antimicrobiens sont essentiels au traitement des maladies et leur utilisation est indispensable pour protéger tant la santé humaine que la santé animale. Toutefois, l'utilisation abusive et la mauvaise gestion des antimicrobiens sont des problèmes majeurs qui font courir un risque d'apparition et de propagation de micro-organismes résistants aux antimicrobiens.

Tout en admettant qu'il pouvait sembler difficile d'attirer l'attention sur la résistance aux antimicrobiens en pleine pandémie de covid-19, le chef de la FAO a déclaré que cette situation ouvrait des possibilités, car le monde a pris conscience de la fragilité de nos systèmes de santé et de la nécessité de répondre collectivement aux menaces qui pèsent sur ces systèmes.

«Il n'y a pas de temps à perdre. Unissons nos forces et œuvrons ensemble! Tous pour une seule santé, une seule santé pour tous!», a-t-il plaidé.

Il a également souligné que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens était importante pour la FAO, qui, au travers de l'aide qu'elle apporte à ses Membres, vise quatre améliorations (en matière de production, de nutrition, d'environnement et de conditions de vie).

Le Directeur général de l'OMS, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, a signalé que le monde ne pouvait pas se permettre une autre crise mondiale et il a exhorté les dirigeants politiques, le secteur privé et la société civile à travailler de concert sur les facteurs de la résistance aux antimicrobiens et à adopter une approche coordonnée pour accroître les investissements en faveur de l'approche «Un monde, une santé» lors de la mise en œuvre des plans d'action nationaux, ainsi qu'en matière de recherche et développement.

La Directrice générale de l'OIE, Mme Monique Eloit, a déclaré que l'expertise du Groupe pourrait contribuer à promouvoir l'utilisation prudente et responsable des antimicrobiens et la surveillance professionnelle de leur utilisation dans tous les secteurs. Elle a signalé que la lutte contre la résistance aux antimicrobiens était un parfait exemple d'application concrète de l'approche multisectorielle «Un monde, une santé» aux niveaux mondial et national.

Les Coprésidentes du Groupe, Mme Mia Mottley, Première Ministre de la Barbade, et Mme Sheikh Hasina, Première Ministre du Bangladesh, ont ouvert la réunion.

Mme Mia Mottley, qui était également chargée d'animer la réunion, a déclaré que la résistance aux antimicrobiens représentait un danger présent et manifeste pour les personnes, les animaux, les plantes et l'environnement et qu'il fallait que les choses bougent pour faire évoluer en profondeur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Mme Sheikh Hasina a, quant à elle, prévenu que la résistance aux antimicrobiens pouvait mettre en péril tous les progrès considérables de la médecine moderne.

La Directrice exécutive du PNUE, Mme Inger Andersen, a déclaré que son organisme était heureux de se joindre à ce partenariat et a indiqué que l'on ne pouvait pas ignorer l'environnement naturel lorsque l'on lutte contre la résistance aux antimicrobiens, car l'environnement est essentiel pour résoudre ce problème.

Quelle sera la mission du Groupe?

Les objectifs et activités envisagés pour le Groupe, qui seront précisés lors de la deuxième journée de la réunion et dans le cadre de futurs échanges, sont notamment les suivants:

- Veiller à ce que l'urgence et la visibilité du problème de la résistance aux antimicrobiens, ainsi que le soutien du public et l'élan politique dans ce domaine, continuent de figurer au cœur des priorités mondiales.

- Encourager l'action et l'accroissement des investissements, notamment en faveur des activités qui se multiplient au sein de l'Alliance tripartite FAO/OIE/OMS, du PNUE et d'autres entités internationales et régionales.

- Suivre les progrès accomplis, les lacunes et le respect de l'obligation de rendre compte dans le cadre de la réponse mondiale à la résistance aux antimicrobiens et établir des rapports à ce sujet.

- Promouvoir une participation multipartite, notamment celle d'États Membres, d'organismes du système des Nations Unies, d'organisations internationales et intergouvernementales, d'entités régionales, de la société civile, du secteur privé et de chercheurs, entre autres, dans le but de définir conjointement une vision et des objectifs partagés et d'agir de concert dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens.

- Promouvoir et suivre l'intégration de la résistance aux antimicrobiens et du principe «Un monde, une santé» dans les investissements et les programmes relatifs aux principaux instruments de financement consacrés à l'agriculture, à la santé, au développement et à la production d'aliments destinés à la consommation humaine ou animale.

Il existe des liens étroits entre la santé des animaux, des personnes, des plantes et de l'environnement. «Un monde, une santé» est une approche intégrée qui prend en compte cette interaction fondamentale et permet de s'assurer que des spécialistes de multiples secteurs recherchent ensemble des solutions aux menaces qui pèsent sur la santé des animaux, des humains, des plantes et de l'environnement.

Activités de la FAO dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens

Une grande attention a été prêtée à l'exposition des êtres humains aux agents pathogènes résistants aux antimicrobiens dans les hôpitaux et autres établissements de santé, ainsi qu'à ses répercussions sur la santé publique. Toutefois, comme certains micro-organismes résistants aux antimicrobiens sont présents dans certaines pratiques agricoles, on peut les retrouver dans les aliments que nous consommons. Les micro-organismes résistants aux antimicrobiens peuvent se développer dans notre filière alimentaire et passer des animaux aux humains et à l'environnement. La résistance aux antimicrobiens est donc un problème qui dépasse les limites sectorielles.

La FAO, qui est elle-même une organisation multidisciplinaire, mobilise son expertise dans les domaines de la production d'animaux aquatiques et terrestres et de leur santé, de la production végétale, de la gestion des ressources naturelles et de la sécurité sanitaire des aliments. L'un des importants domaines de travail de la FAO consiste à déterminer quelles sont les lacunes critiques en matière d'information à ce sujet et à les combler. En outre, la FAO travaille en étroite collaboration avec des partenaires clés tels que l'OIE, l'OMS et d'autres organismes dans le cadre de l'action menée à l'échelle mondiale pour faire face à la menace que constitue la résistance aux antimicrobiens. L'Alliance tripartite FAO/OIE/OMS a créé le Groupe de direction mondial afin de donner suite à leur appel commun à une action unifiée visant à préserver et protéger les médicaments antimicrobiens. Cette initiative fait suite à une recommandation formulée par le Groupe spécial de coordination interinstitutions sur la résistance aux antimicrobiens, à laquelle s'est associé le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

Des informations complémentaires sur les activités de l'Alliance tripartite FAO/OIE/OMS sont disponibles ici.

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