Afrique: La pêche et l'aquaculture ont un rôle capital à jouer dans la transformation des systèmes agroalimentaires mondiaux, selon le DG de la FAO

communiqué de presse

Rome — Le Comité des pêches, qui se réunit cette semaine, réfléchit à un avenir durable pour un secteur qui se développe rapidement

D'après le Directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, la pêche et l'aquaculture tiennent une place fondamentale dans la transformation des systèmes agroalimentaires et le relèvement après la crise liée au COVID-19.

C'est ce qu'il a affirmé aujourd'hui dans l'allocution qu'il a prononcée à l'occasion de l'ouverture de la trente-quatrième session du Comité des pêches de la FAO, unique organe intergouvernemental mondial au sein duquel les Membres de l'Organisation examinent ensemble les problèmes et enjeux liés à la pêche et à l'aquaculture. La session se tient à distance, une première dans l'histoire du Comité.

M. Qu a mentionné certaines répercussions de la pandémie du COVID-19 sur le secteur de la pêche et de l'aquaculture, à savoir des changements au niveau de la demande des consommateurs, des problèmes d'accès aux marchés et des difficultés logistiques causées par les restrictions imposées à la circulation et les restrictions aux frontières. Il a également souligné que la pêche et l'aquaculture étaient essentielles pour permettre à l'économie mondiale de reconstruire en mieux après le COVID-19.

«Le potentiel de croissance de l'aquaculture moderne et ses capacités pour ce qui est de nourrir l'humanité sont immenses», a-t-il affirmé, précisant que 10 pour cent de la population mondiale vit de la pêche et de l'aquaculture et qu'il s'agit essentiellement de petits producteurs qui ont besoin d'aide. En l'honneur du vingt-cinquième anniversaire du Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO, le Directeur général et des ministres responsables de la pêche du monde entier ont pris part à une manifestation spéciale de haut niveau au cours de laquelle ils ont réexaminé le Code et réaffirmé leur volonté de parvenir à une pêche et à une aquaculture durables, alors que les défis se multiplient dans le secteur.

Dans un discours liminaire vidéo, la Première Ministre de la Norvège, Mme Erna Solberg, a souligné qu'il fallait que les pays et les organisations s'efforcent ensemble de trouver un équilibre entre production halieutique et protection des océans, et a évoqué le rôle majeur que joue la FAO à cet égard.

La Première Ministre a également insisté sur le fait que le Code de conduite avait contribué à rendre l'économie bleue plus saine et plus solide en incitant à l'application de normes allant dans le sens d'une gestion durable et responsable.

L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies pour l'océan, M. Peter Thomson (Fidji), a quant à lui fait observer que la Déclaration tenait compte de ce que la pêche et l'aquaculture apportent à la lutte contre la pauvreté et la faim, et a affirmé qu'il fallait améliorer la gestion et renforcer les capacités dans les pays en développement.

M. Virginijus Sinkevicius, Commissaire européen à l'environnement, aux océans et à la pêche, a félicité la FAO pour ses évaluations des répercussions du COVID-19 sur la pêche et l'aquaculture ainsi que pour les informations précieuses rassemblées dans le rapport sur La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture. Il a souligné que le secteur devait être considéré comme prioritaire lors de l'élaboration de stratégies destinées à remédier aux conséquences de la pandémie.

Des présentations ont également été données par Mme Jonson Bernadette Jordan, Ministre canadienne des pêches, des océans et de la garde côtière canadienne, et Mme Sylvia White, du Réseau des organisations de pêcheurs des Caraïbes, groupe de la société civile qui représente les artisans pêcheurs au niveau international. D'après les estimations présentées dans le rapport de la FAO sur La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture (SOFIA), publié en juin 2020, la production totale de poisson devrait atteindre 204 millions de tonnes en 2030, soit 15 pour cent de plus qu'en 2018. Cette hausse concernera également l'aquaculture, qui compte actuellement pour 46 pour cent de la production et affiche une croissance moyenne de 5,3 pour cent par an depuis le début du siècle. Il s'agit du secteur de la production alimentaire qui s'est développé le plus rapidement, à l'échelle mondiale, ces 50 dernières années.

C'est avec cette situation pour toile de fond que le Comité des pêches a approuvé sa toute première Déclaration sur la durabilité de la pêche et de l'aquaculture, ébauche d'une vision globale de la transformation des écosystèmes bleus, 25 ans après l'adoption du Code de conduite.

Le Directeur général a affirmé que la Déclaration nourrirait la volonté collective de bâtir des systèmes agroalimentaires inclusifs, résilients et durables dans un secteur qui évolue rapidement en vue de concrétiser les objectifs de développement durable du Programme 2030.

«Les choses ont beaucoup changé en 25 ans», a-t-il fait observer. «Nous devons à la fois faire le nécessaire pour que nos systèmes alimentaires aquatiques soient résilients et puissent répondre à la demande grandissante d'aliments nutritifs, sains et peu coûteux, et assurer la durabilité des écosystèmes, des économies et des sociétés afin que personne ne soit laissé de côté.»

Le Directeur général de la FAO a invité les Membres de l'Organisation à profiter de cette trente-quatrième session du Comité pour réfléchir aux changements qui pourraient être apportés à la production, à la transformation, au commerce et à la consommation des aliments d'origine aquatique, dans le contexte plus large d'une refonte des systèmes agroalimentaires ayant pour but de les rendre plus durables, plus résilients et plus inclusifs.

«Nous savons que nous ne pouvons pas compter uniquement sur la terre pour produire des quantités abondantes d'aliments variés; il nous faut une transformation bleue pour assurer la production bleue», a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la modernisation des pratiques de pêche traditionnelles au moyen d'approches novatrices et de technologies numériques.

«Associer pêche, tourisme et activités didactiques est un moyen de préserver le patrimoine culturel et de créer davantage de valeur ainsi que de nouvelles possibilités d'emploi», a-t-il expliqué.

Le Directeur général a également appelé l'attention sur l'importance du poisson dans l'alimentation, notamment celle des femmes enceintes et des enfants, ainsi que sur le rôle qu'il joue dans la lutte contre toutes les formes de malnutrition, et affirmé qu'il devait être mis en avant dans les stratégies en faveur de l'alimentation et de la nutrition adoptées de par le monde.

«Le secteur de la pêche et de l'aquaculture a une contribution décisive à apporter aux quatre améliorations en matière de production, de nutrition, d'environnement et de conditions de vie.»

Le vingt-cinquième anniversaire du Code est marqué par un contexte difficile, les écosystèmes aquatiques et leurs ressources étant menacés par la pollution, le changement climatique, l'appauvrissement de la biodiversité, les pratiques non réglementées et l'intensification de la concurrence qui s'exerce sur les zones marines et côtières. Selon les estimations de la FAO, 34,2 pour cent de l'ensemble des stocks de poissons marins sont exploités au-delà d'un niveau biologiquement viable, soit trois fois plus qu'en 1974, point de départ des activités de suivi.

Le Comité des pêches analysera également La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, le rôle de la pêche artisanale et les moyens d'existence des communautés de pêche côtières et continentales, la pêche et les opérations de pêche illicites en mer et le rôle déterminant des femmes dans les activités après capture et les services.

Des ministres et des représentants d'institutions chargées des pêches appartenant aux groupes régionaux Afrique, Amérique latine et Caraïbes, Amérique du Nord, Asie et Pacifique, Europe et Proche-Orient ont participé à la manifestation de haut niveau.

Étaient notamment présents: M. Abdullah bin Mohammed Belhaif Al Nuaimi, Ministre du changement climatique et de l'environnement des Émirats arabes unis, M. Taïga, Ministre de l'élevage, des pêches et des industries animales du Cameroun, Mme Alicia Gallardo, Sous-Secrétaire aux pêches et à l'aquaculture du Chili, M. Eugene R. Pangelinan, Président du Comité des pêches du Forum des îles du Pacifique et Directeur exécutif de l'Autorité nationale de gestion des ressources océaniques (NORMA) des États fédérés de Micronésie, M. Liu Xinzhong, Directeur général du Bureau des pêches du Ministère de l'agriculture et des affaires rurales de Chine, Mme Lucy Obungu, qui s'est exprimée au nom de M. Micheni Japhet Ntiba, Secrétaire principal du Département des pêches, de l'aquaculture et de l'économie bleue du Ministère de l'agriculture, de l'élevage et des pêches du Kenya, M. Shingo Ota, Premier Vice-Président de la trente-quatrième session du Comité des pêches de la FAO et Conseiller à l'Agence des pêches du Japon, et Mme Úrsula Desilú León Chempén, Présidente de l'Année internationale de la pêche et de l'aquaculture artisanales (AIPAA 2022).

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