Congo-Brazzaville: Les évêques doutent du processus électoral

Monseigneur Victor Abagna Mossa, archevêque d’Owando et porte-parole de la conférence épiscopale congolaise
3 Février 2021

La Conférence épiscopale du Congo émet de "sérieuses réserves" sur l'organisation de la présidentielle du 21 mars 2021. Denis Sassou Nguesso est candidat pour la quatrième fois.

Parmi les problèmes soulevés par la Conférence épiscopale du Congo se trouve la transparence lors du dépouillement des urnes, à cause notamment du couvre-feu lié au coronavirus et le fichier électoral qui n'aurait pas été "nettoyé".

Le porte-parole des évêques, Mgr Victor Abagna Mossa, est conscient toutefois qu'il est "trop tard" pour un report du scrutin présidentiel.

"Mais qu'est-ce que le gouvernement peut encore faire pour que ce soit un peu juste ? Il peut envoyer dans tout le pays des agents pour s'assurer des listes. Il y a des districts et des endroits où il y a très peu de monde mais sur la liste il y a beaucoup plus d'inscrits. Alors qui vote en réalité ?", se demande Mgr Victor Abagna Mossa.

Patrick-Gabriel Dion, président de la fédération France du Parti congolais du travail (PCT), le parti au pouvoir, reconnait que les inquiétudes relevées par l'épiscopat sont réelles.

"Je n'ai jamais dit que les problèmes évoqués par les évêques sont faux. Non, pas du tout. Les problèmes existent au Congo comme dans tout pays, mais la manière avec laquelle ses problèmes sont posés est problématique", dénonce Patrick-Gabriel Dion.

Il estime que l'épiscopat joue le jeu de l'oppositon. "Les évêques étaient où pendant cinq ans qu'ils n'ont pas parlé ? C'est aujourd'hui qu'ils le font, à la veille d'une élection. C'est populiste, sachant les enjeux d'une élection présidentielle. C'est un ramassis de tout ce que l'opposition dit 24h sur 24h et ils sont devenus une sorte de porte-parole pour l'opposition congolaise."

La société civile inquiète aussi

Pour l'Observatoire congolais des droits de l'homme, les conditions ne sont pas réunies pour tenir une élection présidentielle le 21 mars.

"Nous demandons aux acteurs de se retrouver et de discuter. Il n'est pas encore trop tard pour aplanir les divergences et anticiper d'éventuels conflits. Mais comme c'est parti nous allons droit vers une élection sale, une élection dont les résultats sont connus d'avance. Je sais que ça va être très difficile dans une dictature où le président de la République a sa logique de conservation du pouvoir", a déclaré à la DW Trésor Nzila, le directeur exécutif de l'Observatoire.

Les candidats à la présidentielle ont jusqu'au 7 février pour déposer leurs dossiers. Le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans, qui a dirigé le pays de 1979 à 1992, puis sans discontinuer depuis 1997, figure parmi les candidats.

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