Burkina Faso: Salon international de la coopération pour le développement 2021 - Ouaga table sur les stratégies de communication

L'Initiatives des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) a organisé, du 28 au 30 janvier 2021 à Ouagadougou, la deuxième édition du Salon international de la coopération pour le développement (SICOD). Placée sous le thème «Coopération au développement : Quelles stratégies de Communication pour une résilience des populations dans un contexte de crise humanitaire ?», cette rencontre de réflexion a bénéficié de l'accompagnement financier et matériel du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), de l'ONG Water Aid, du Fonds national de la finance inclusive (FONAFI) et du Fonds d'appui aux activités rémunératrices des femmes (FAARF).

Le Burkina Faso est confronté à une crise multiforme d'une grande complexité due aux activités des groupes armés non étatiques, aux tensions intercommunautaires, à l'insécurité alimentaire et nutritionnelle chronique, aux catastrophes naturelles, notamment les inondations et les vents violents, et à la pandémie de la COVID-19.

Outre la réduction de l'accès aux services sociaux de base dans plusieurs communes des six régions à grands défis sécuritaires, à travers, entre autres, la fermeture des formations sanitaires et des établissements d'éducation et d'enseignement, la crise sécuritaire a causé un déplacement massif de la population. Selon les données du Conseil national de secours d'urgence et de réhabilitation (CONASUR), le pays enregistrait, à la date du 31 décembre 2020, 1 074 993 personnes déplacées internes qui sont réparties sur l'ensemble des 13 régions.

Dans cette situation d'insécurité, plus de 2 000 000 de personnes des communautés non déplacées dépendent de l'aide humanitaire en raison de la dégradation de leurs conditions de vie. Le contexte économique et social difficile dans lesdites régions reste caractérisé par un chômage des jeunes propice à l'enrôlement de ces derniers aux différents groupes armés terroristes.

Quant aux inondations enregistrées au cours de l'année 2020, elles ont entraîné plus de 110 000 sinistrés et d'énormes dégâts matériels essentiellement dans les zones à grands défis sécuritaires. Afin de faire face à cette situation de crise humanitaire, les acteurs de la coopération et du développement conjuguent leurs efforts aux côtés du gouvernement burkinabè pour soulager les personnes en situation de vulnérabilité.

Mieux communiquer pour plus d'efficacité

Pour plus d'efficacité dans la chaîne d'intervention des partenaires au développement et des organismes humanitaires, une bonne stratégie de communication s'impose. C'est ce qui justifie la tenue de la deuxième édition du SICOD sous le thème : « Coopération au développement : Quelles stratégies de Communication pour une résilience des populations dans un contexte de crise humanitaire ?»

Intervenant à la cérémonie d'ouverture des travaux, le secrétaire exécutif de l'IJACOD et par ailleurs président du comité d'organisation, Jean Victor Ouédraogo, a fait savoir que dans cette situation de crise humanitaire, les acteurs au premier plan, les journalistes, les étudiants en journalisme dans les écoles et instituts supérieurs et les communicants ne devraient pas faire l'économie de la réflexion.

Les conclusions qui sortiront de ce rendez-vous, a-t-il précisé, seront mises à la disposition des partenaires afin que les idées servent davantage à la bonne communication sur le terrain. Livrant le discours de Marie Laurence Ilboudo, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l'Action humanitaire et marraine de cette rencontre de réflexion, Ives Kaboré a indiqué que le SICOD 2021 vient à point nommé.

Face à la crise humanitaire en cours et la montée de la pandémie de la covid-19, a-t-il souligné, le président du Faso a instruit son gouvernement d'organiser au mieux les programmes et les investissements afin d'accroître la résilience des populations et consolider les bases du développement du pays.

Représentant Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration africaine et des Burkinabè de l'extérieur, et patron du SICOD, Eveline Ilboudo, a déclaré que l'Etat met tout en œuvre, avec le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour assurer la protection et la défense des victimes du terrorisme. Pour ce faire, elle a invité les communicants à se préoccuper de la situation des populations victimes de l'insécurité dans leurs actions de communication.

Par la voix de Sandra Lattauf, représentante de l'UNICEF au Burkina Faso, les partenaires au développement ont félicité l'IJACOD pour son engagement dans la protection des droits des femmes et des enfants. Les médias, a précisé la représentante de l'UNICEF, jouent un rôle crucial de relais de l'information vérifiée dans le combat pour l'atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) au Burkina Faso.

En plus du thème principal, les participants ont échangé durant le SICOD sur des questions subsidiaires portant sur : « L'urgence humanitaire », « Malnutrition, eau, hygiène et santé communautaire au Burkina Faso », « Mariages forcés et mariage des enfants » ; « Etat des lieux de l'insécurité au Burkina Faso : Bilan et perspectives », « Bilan des interventions du FAARF dans les 13 régions » et « FONAFI : Quelles opportunités pour les 13 régions ?»

Au nombre des recommandations formulées par les participants, on note : l'organisation d'une caravane de presse dans les régions touchées par l'insécurité afin de s'imprégner de la lutte contre la malnutrition et des sessions de formation sur des thématiques relatives à la coopération et au développement ; l'équipement des journalistes et communicateurs ou leurs médias en matériels de production, notamment des kits de reportage.

A noter que l'IJACOD a, à travers une remise de trophées, traduit sa reconnaissance à des partenaires pour leurs multiples actions de développement à ses côtés. Ce sont : l'UNICEF, l'UNFPA, Oxfam International, l'Agence française de développement (AFD), le Projet national de développement rural productif, le Secrétariat permanent de la conférence nationale de la décentralisation, le ministère de la Femme et de l'Action humanitaire, le ministère des Affaires étrangères et le député suisse, Isabelle Chevalley.

Encadré

Quelques réactions à l'issue du 2e SICOD

Tanga Kafando, journaliste à la RTB2/Tenkodogo

« C'est un très beau cadre d'échanges entre des acteurs de terrain, des partenaires au développement et des journalistes qui sont aussi des hommes de terrain. Nous n'avons pas habituellement l'occasion de nous rencontrer, d'échanger et de nous poser des questions pour que ceux qui agissent sur le terrain et souvent dans l'ombre nous expliquent leurs interventions et les résultats qu'ils obtiennent. Dans ce contexte de crise humanitaire, ce genre de rencontre permet d'outiller les journalistes afin qu'ils ne servent pas de courroie de propagande pour les forces du Mal mais plutôt qu'ils travaillent à promouvoir la résilience des populations ».

Mahamoudou Zongo, correspondant du journal Le Pays à Ouahigouya

« Je voudrais féliciter les organisateurs de ce salon qui est à sa deuxième édition. En plus de renforcer la solidarité entre les journalistes, cette rencontre permet d'améliorer la visibilité du travail que nous abattons tous les jours et nous permet de renforcer notre réseautage. Les thématiques qui ont été abordées durant le SICOD sont d'actualité et nous tiennent à cœur. Nous souhaitons que les partenaires accompagnent l'IJACOD pour une concrétisation des recommandations du salon ».

Eveline Dabiré/Touobom, RTB 2/Hauts-Bassins

«L'initiative est bonne, car elle permet de réunir des journalistes, des communicateurs et autres partenaires afin de discuter de sujets que nous rencontrons au quotidien et qui impactent aussi les populations. Nous avons beaucoup appris à travers les communications qui ont été livrées durant le SICOD. Ce cadre de réflexion nous a permis de mieux comprendre la situation humanitaire que vit le Burkina afin de participer à la sensibilisation des populations ».

Yasmina Taïmou Moustapha Sakandé, étudiante en licence 3, communication pour le développement à l'université Aube-Nouvelle

« Nous sommes satisfaits au sortir de la conférence qui a été animée par un homme de tenue dans le cadre du SICOD. Nous avons eu beaucoup d'informations sur l'insécurité en général et sur beaucoup d'aspects spécifiques. Le communicateur nous a fait savoir que nous aussi, en tant que jeunes, pouvons contribuer à lutter contre l'insécurité dans notre pays. Notre souhait est que les étudiants en communication soient invités à ce genre de rencontre d'échanges et de formation. »

Harouna Bouda, étudiant en licence 3 à l'Institut africain de management

« Cette activité est à encourager car elle offre aussi aux étudiants de renforcer leurs connaissances. La communication, animée par le spécialiste de la sécurité, nous a permis d'apprendre beaucoup de choses sur l'insécurité, le grand banditisme et plusieurs autres phénomènes liés à l'insécurité. Nous souhaitons que le SICOD soit valorisé, car il participe au renforcement de la formation des étudiants en communication. »

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