Ethiopie: Tigré - Il est crucial de renforcer la réponse aux besoins humanitaires affirme la mission conjointe ONU-gouvernement

7 Février 2021

Un partenariat solide est nécessaire pour intensifier la réponse collective aux besoins humanitaires immédiats dans la région du Tigré, en Ethiopie, qui soit dirigée par le gouvernement, ont souligné samedi des représentants des Nations Unies et du gouvernement éthiopien lors d'une mission conjointe dans la région.

« Nous devons faire plus, ensemble, pour répondre aux besoins de la population", a déclaré le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, qui s'est rendu dans la région, en compagnie du ministre fédéral éthiopien de la paix, Muferihat Kamil, et de la coordinatrice résidente et humanitaire des Nations Unies, Catherine Sozi.

Depuis le début de la crise, près de 1,7 million de personnes de la région ont reçu des rations alimentaires d'urgence grâce à des efforts conjoints, selon les données du PAM. Environ 26.000 réfugiés érythréens résidant dans deux camps ont également reçu une aide alimentaire et nutritionnelle.

Toutefois, les dernières estimations préliminaires indiquent que 2,5 à 3 millions de personnes dans la région ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, a signalé le Programme.

« Les rapports indiquent que la situation nutritionnelle requiert une plus grande attention, les jeunes enfants et les femmes enceintes et allaitantes étant les plus vulnérables », a ajouté M. Beasley.

Le PAM va renforcer la capacité de transport de l'aide

M. Beasley a également annoncé que le PAM avait accepté une demande du gouvernement visant à augmenter la capacité de transport du gouvernement et de ses partenaires pour acheminer l'aide humanitaire vers et dans le Tigré.

L'agence des Nations Unies a également accepté de fournir une aide alimentaire d'urgence à un million de personnes au Tigré et de lancer un programme global d'alimentation complémentaire pour aider jusqu'à 875.000 enfants vulnérables sur le plan nutritionnel, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes.

Les interventions du PAM qui ont été convenues nécessiteront 107 millions de dollars pour être mises en œuvre au cours des six prochains mois, dans des zones et des communautés identifiées et priorisées conjointement avec le gouvernement, a déclaré l'agence des Nations Unies.

Le gouvernement « agit avec urgence » pour améliorer l'accès

Muferihat Kamil, le ministre fédéral éthiopien de la paix, a déclaré que le gouvernement « agit avec urgence » pour approuver les demandes de déplacement du personnel international vers et dans le Tigré, afin de garantir que les programmes d'aide humanitaire puissent être étendus.

« Plusieurs demandes de ce type ont été approuvées au cours des derniers jours et le processus d'approbation rapide et simplifié va se poursuivre. Le gouvernement examinera également les demandes de visa pour le personnel humanitaire international de manière urgente et prioritaire », a-t-il déclaré, ajoutant que « les capacités de communication des partenaires des Nations Unies et des organisations humanitaires ayant des opérations importantes au Tigré seront renforcées ».

Le risque de crimes d'atrocité « reste élevé »

Dans le même temps, la Conseillère spéciale des Nations Unies pour la prévention du génocide a appelé les autorités à mettre en place des mécanismes nationaux pour s'attaquer aux causes profondes de la violence ethnique, renforcer la cohésion nationale et promouvoir la réconciliation.

Dans une déclaration faite vendredi, la Conseillère spéciale Alice Wairimu Nderitu a fait part de ses préoccupations concernant les rapports sur les discours de haine et la stigmatisation, y compris le profilage ethnique, ainsi que les allégations de graves violations des droits de l'homme et d'abus commis par les parties au conflit dans la région du Tigré et leurs alliés.

Le fait de ne pas s'attaquer à la violence ethnique, à la stigmatisation, aux discours de haine et aux tensions religieuses, aggravés par d'autres facteurs de risque, dont l'absence de responsabilité pour les violations graves commises, perpétue un environnement qui expose la population civile à un risque élevé de crimes d'atrocité, a déclaré Mme Nderitu.

Si des mesures urgentes ne sont pas prises immédiatement pour relever les défis auxquels le pays est confronté, le risque de crimes d'atrocité en Éthiopie reste élevé et risque d'empirer, a-t-elle averti.

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