Somalie: L'opposition ne reconnaît plus le président après l'expiration de son mandat

Le Conseil de sécurité de l'ONU

Le mandat du président Mohamed Abdullahi Farmajo a expiré officiellement cette nuit à minuit, mais aucune élection n'a été organisée. La présidentielle devait se tenir ce lundi, elle a été reportée sans qu'aucune date soit annoncée et des pourparlers entre États fédérés n'ont rien donné.

Ces pourparlers ont eu lieu à Dhumasareb, à 400 kilomètres de la capitale, Mogadiscio, de mercredi à samedi. Les dirigeants des cinq États de la fédération somalienne avaient accepté l'invitation du président Farmajo à ces discussions de la dernière chance. Mais les adversaires politiques somaliens sont en désaccord sur le mode de scrutin, très particulier, qui a été choisi pour la présidentielle, mêlant nominations claniques et vote parlementaire.

Certains États et l'opposition accusent le président sortant d'avoir manipulé à son profit une procédure pourtant laborieusement convenue d'un commun accord en septembre dernier. Résultat, ces discussions n'ont débouché sur rien. Farmajo accuse les régions semi-autonomes du Puntland et du Jubaland d'avoir empêché la conclusion d'un accord. Quant à ses adversaires, ils continuent de laisser entendre que Farmajo, candidat à sa propre succession, cherche à ruser pour se maintenir au pouvoir.

Des tirs entendus dans la nuit

Désormais, le conseil réunissant les principaux candidats de l'opposition à la présidentielle ne reconnaît plus la légitimité du président. Il l'a fait savoir dimanche soir par un communiqué. Ce conseil demande la mise en place d'une autorité de transition faite de députés, de membres de l'opposition et de la société civile.

En l'état, juridiquement, la situation n'est pas claire. La semaine dernière, le représentant spécial de l'ONU en Somalie, James Swan, a estimé que le président pouvait rester en place jusqu'à l'élection d'un successeur. Ce qui n'est pas du tout l'avis de l'opposition, qui estime que le mandat du président est terminé et que le pouvoir est vacant. La situation est donc très tendue aujourd'hui à Mogadiscio. Des tirs ont été entendus à minuit dans la ville, célébrant la fin officielle du mandat présidentiel. Aucune réaction n'a encore été publiée du côté de la Villa Somalia.

Plus de: RFI

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