Congo-Kinshasa: Affaire Floribert Chebeya - Des voix s'élèvent pour exiger la réouverture du procès

Celles-ci s'appuient sur les nouvelles révélations faites par deux policiers, qui avouent avoir participé personnellement à ce double meurtre et qui affirment avoir reçu l'ordre de leur hiérarchie, le major Christian Kyenga-Kyenga, le colonel Daniel Mukalayi et le général John Numbi pour le faire.

Depuis quelque temps, des voix s'élèvent en vue d'exiger la réouverture du procès de l'assassinat de deux défenseurs des droits de l'homme, le directeur exécutif de la Voix des sans voix pour les droits de l'homme (VSV) Floribert Chebeya Bahizire, et son chauffeur et membre de cette ONG, Fidèle Bazana Edadi. En plus de leurs familles biologiques et des activistes des droits de l'homme dont la Fondation Bill Clinton pour la paix, la VSV, l'Asadho, etc, qui n'ont jamais été d'accord avec tout ce qui a été fait au niveau de la justice, il y a des organisations et institutions internationales, comme l'Union européenne, qui viennent de s'ajouter dans cette liste.

Ces réclamations se basent sur des nouvelles révélations faites par des éléments de la police nationale, qui affirment avoir participé personnellement à ce double crime et qui avouent avoir reçu l'ordre de leur hiérarchie, pour la mise à mort de Floribert Chebeya et de toute personne qui l'accompagnerait à son rendez-vous avec le commissaire général de la police nationale congolaise de l'époque, le général John Numbi.

Dans cette motivation d'éclairer la lanterne de la justice et de toute personne qui voudrait en connaître plus sur ce dossier, Hergil Ilunga et Alain Kayeye, respectivement adjudant de la police et brigadier-chef du bataillon Simba de la PNC, ont affirmé que la responsabilité de ce double crime incombe au général John Numbi et au major Christian Ngoy, qui auraient commandé cette opération.

La version de la police contredite

On se rappellera que tout au long du procès tenu à Kinshasa, il y a près de dix ans, des voix s'élevaient pour contredire la version officielle avancée par la police nationale et les principaux accusés.

A Kinshasa, dans les grandes villes du pays et à l'extérieur de la République démocratique du Congo, des versions aussi complémentaires que contradictoires ont été données dans les différentes interventions des personnes et des organisations se sentant concernées par ce dossier. C'est le cas des familles biologiques des deux victimes et la VSV, pour qui le général John Numbi était le suspect numéro un dans cette affaire.

Il y avait également Jean-Marc Mulenga et Mme Marie Louise Kyola Kayembe, deux défenseurs des droits de l'homme, qui ont tenu, le 21 juin à Goma, dans le Kivu, une conférence de presse au cours de laquelle ils ont cité nommément le colonel John Numbi, comme l'assassin de ces deux activistes, et l'ancien chef de l'Etat, Joseph Kabila, comme commanditaire de ce double meurtre. Ces derneirs ont exigé une enquête internationale pour établir les responsabilités dans cette double meurtre.

A Kinshasa, des ONG comme la FBCP et d'autres défenseurs des droits de l'homme également ont soutenu cette même position. « C'est à l'Inspection générale de la police que les deux activistes ont été étouffés », viennent d'affirmer Hergil Ilunga et Alain Kayeye, donnant raison à tous ceux qui contredisaient, en son temps, la version « officielle » soutenue par la police et les principaux accusés dans cette affaire. Hergil déclare à Radio France internationale : « Le major Christian nous avait dit que sur ordre du chef, il fallait l'étouffer, parce qu'il avait des problèmes avec les chefs, John Numbi et Joseph Kabila ». Alors qu'Alain Kayeye dit : « C'était un ordre qui était venu du Raïs, à travers l'inspecteur général ».

Pour la FBCP, qui relève la sollicitation de la veuve Chebeya en direction du présudent de la République Félix Tshisekedi, ces nouvelles révélations dans cette affaire du double assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana constituent, assurément, de nouveaux éléments qui devraient inciter les autorités congolaises à rouvrir le dossier dans des conditions qui puissent enfin permettre d'établir les responsabilités.

« Chers militants des droits de l'homme, société civile, associations, mouvements citoyens, activistes pro-démocratie, levons-nous et mobilisons-nous à travers des actions pacifiques pour exiger la réouverture immédiate du procès Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Que justice soit faite », peut-on lire dans un post de Jonas Tshiombela.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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