Afrique: Les femmes scientifiques qui font évoluer la situation pendant la pandémie

9 Février 2021

Il y aura bientôt un an que l'épidémie de la COVID-19 a été déclarée comme une pandémie par l'OMS. À l'heure qu'il est, toutes les parties du monde ont ressenti l'impact dévastateur de cette pandémie, et les femmes et les filles qui se sont investies dans les sciences sont en première ligne de la réponse à celle-ci.

Elles dispensent des soins de santé et elles procèdent à des innovations. Elles se livrent à des recherches sur les vaccins et sont des pionnières de certains traitements. Elles nous conduisent vers un monde plus sûr, et inspirent la prochaine génération de filles pour qu'elles deviennent des forces du bien en sciences et technologie.

Le 11 février prochain, nous allons célébrer la Journée internationale des femmes et des filles de science en ne soulignant que quelques-unes des femmes et des filles à travers le monde qui ont apporté des contributions considérables pendant la crise actuelle.

Médecins et infirmières

Les femmes représentent 70 pour cent des travailleurs dispensant des soins de santé et des prestations sociales. Ce fait les place au cœur de la réponse à la COVID-19, même si elles sont souvent sous-représentées dans les prises de décision et les postes de direction.

« Traiter les patients atteints de COVID-19 est très difficile, car chacun d'eux a ses propres besoins », déclare la Dre Entela Kolovani, médecin à l'hôpital des maladies infectieuses de Tirana, en Albanie, qui a commencé à traiter des patients diagnostiqués de la COVID-19 au tout début de la pandémie. « Nous devons non seulement lutter contre le virus, mais également gérer l'impact psychologique qu'il a sur les patients. Ils sont totalement isolés de leurs familles et nous devons rester le plus possible auprès d'eux pour les conforter ».

Au Mexique, 79 pour cent du personnel infirmier est constitué de femmes comme Brenda Abad. Elle a été affectée à la détection de celles et ceux qui sont atteints de COVID-19 lors de sa première journée de travail dans un hôpital public.

« Au début, j'avais très peur d'attraper la maladie et de devenir contagieuse, mais en fin de compte, il faut faire son travail et on a reçu une formation pour cela », déclare-t-elle.

Özlem Türeci

Cofondatrice de l'entreprise de biotechnologie BioNTech, Özlem Türeci n'est pas seulement une scientifique, mais elle également médecin, entrepreneure et leader dans le domaine de la santé mondiale. En 2020, sa société a développé le premier vaccin à base d'ARN contre la COVID-19 ayant été approuvé. Cet agrément est intervenu à un moment d'espoir dont on avait grand besoin, dans une année où a prévalu une crise sans précédent.

Plus de 1 300 personnes dans plus de 60 pays sont employées actuellement par BioNtech, et plus de la moitié d'entre elles sont des femmes. Mme Türeci est d'avis que les chercheurs devraient se concentrer sur les choses qu'ils veulent changer et sur les problèmes qu'ils veulent résoudre, en élargissant leur vision des choses et en se fixant des objectifs ambitieux.

Katalin Karikó

Il y a plusieurs découvertes qui ont rendu le vaccin contre la COVID-19 possible, et l'une des recherches les plus essentielles ayant été menées était celle de Katalin Kariko, axée sur les possibilités thérapeutiques du mRNA. Et pourtant, à l'époque, son idée que le mRNA pourrait être utilisé pour lutter contre la maladie était considérée comme trop radicale et trop risquée sur le plan financier pour que des fonds y soient consacrés. Elle a soumis des demandes de subvention, l'une après l'autre, mais elle a continuellement essuyé des refus. Elle a même été rétrogradée des fonctions qu'elle occupait. Malgré tout, elle a persisté.

Finalement, Katalin Karikó et son ancienne collègue Drew Weissman ont développé une méthode basée sur l'utilisation de mRNA synthétique pour lutter contre la maladie. Cette découverte est maintenant à la base du vaccin contre la COVID-19.

Anika Chebrolu

Au moment où les plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde se lançaient dans une compétition pour la fabrication du vaccin contre la COVID-19, une jeune scientifique a fait une découverte qui donnait la possibilité de fournir une thérapie contre le nouveau coronavirus. Anika Chebrolu, une Amérindienne de 14 ans, s'était lancée dans un projet dans le domaine scientifique dans sa chambre à coucher lorsqu'elle était en quatrième, initialement dans le but de trouver un traitement contre le virus de la grippe. Cela signifiait qu'il lui a fallu étudier et effectuer des recherches sur les pandémies qui avaient affecté le monde tout au long de l'histoire, jusqu'au moment où elle a commencé à vivre à travers l'une d'elles.

Alors que la COVID-19 se propageait à travers le monde, Amika a changé son orientation avec l'aide de son mentor et a commencé à cibler le virus qui provoque la COVID-19. Elle a identifié une molécule conductrice qui peut se lier de manière sélective à la protéine spike du virus de SRAS-CoV-2 et potentiellement inhiber la multiplication du nouveau coronavirus. En octobre 2020, Anika Chebrolu a remporté le prix de 3M pour les jeunes scientifiques (3M Young Scientist Challenge).

Megs Shah et Fairuz Ahmed

Alors que les mesures de confinement imposées en raison de la COVID-19 ont conduit à de longues périodes d'isolement et à la défense de quitter les domiciles, beaucoup de personnes se sont retrouvées piégées dans des relations dangereuses ou des environnements violents, et incapables de s'en dégager. Megs Shah et Fairuz Ahmed ont reconnu la nécessité d'utiliser de nouvelles technologies pour atteindre aussi facilement que possible celles et ceux qui ont besoin de services et pour permettre aux organisations de prestataires de services de se connecter de manière efficace aux survivantes de la violence domestique et de gérer les cas en mode virtuel.

La coopérative Parasol fondée par Megs Shah et Fairuz Ahmed sert à éduquer et à connecter les survivantes et celles qui ont besoin d'aide aux prestataires de services. Leur technologie innovante, inspirée de leurs propres expériences et éclairée par leur travail auprès des survivantes vise à offrir le confort et l'éducation que procurent les groupes de soutien aux populations les plus vulnérables affectées par la violence domestique.

Ramida « Jennie » Juengpaisal

En Thaïlande, Ramida Juengpaisal, âgée de 24 ans, a travaillé à la création d'un dispositif de suivi de la COVID-19 au niveau national qui rassemble toutes les informations disponibles sur le virus et a contribué à mettre fin à la diffusion d'informations erronées dès que la COVID-19 a commencé à se répandre. Ce « dispositif de suivi de la COVID par 5Lab » sur lequel Jennie a travaillé passe des informations sur les épidémies et les procédures de nettoyage ainsi que des éléments d'information cruciaux sur les endroits où il est possible de se soumettre à des tests et leur coût.

« Pendant trop longtemps, les domaines des STIM ont été façonnés par des préjugés de genre qui excluent les femmes et les filles », déclare Jennie. « Il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans le secteur des technologies, mais elles ne disposent pas de plateformes pour montrer leur potentiel. Malgré cela, les femmes et les filles repoussent les frontières tous les jours. »

Kizzmekia « Kizzy » Corbett

La Dre Kizzmekia Corbett est l'une des scientifiques d'avant-garde à l'origine de la recherche sur les vaccins du gouvernement des États-Unis. Kizzmekia Corbett fait partie d'une équipe au sein des instituts nationaux de la santé qui a travaillé à l'élaboration de l'un des vaccins dont l'efficacité est supérieure à 90 pour cent.

Il est particulièrement important de reconnaître les contributions et le leadership de Dre Corbett dans la recherche sur les vaccins pendant la pandémie, parce que la COVID-19 a affecté les communautés noires de manière disproportionnée aux États-Unis et que les femmes noires investies dans les sciences n'ont souvent pas été mentionnées dans les livres d'histoire.

Mme Corbett espère que son travail crucial aidera à inspirer les générations futures de filles de couleur investies dans les sciences, dans la mesure où celles-ci se reconnaîtront dans sa réussite.

Connaissez-vous d'autres femmes et filles dans les sciences qui ont fait avancer les choses pendant la crise de la COVID-19 ? Mettez-vous en rapport avec elles sur les réseaux sociaux en utilisant l'adresse #WomenInScience

Plus de: UN Women

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