Afrique: Regard Covid-19 au Ghana - Un cluster au cœur du Parlement

Des bureaux fermés et leurs occupants renvoyés aux classiques des mesures barrières. Le coronavirus est entré dans le Parlement ghanéen par portes et fenêtres. C'est pourquoi « j'ai décidé, en consultation avec les responsables politiques, que la session de l'Assemblée serait ajournée pendant 3 semaines », a annoncé ce mardi le président Alban Bagbin. Une mesure drastique qui permettra « la désinfection et l'assainissement des locaux ». Aux grands maux les grands remèdes, et il faut dire que les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 17 parlementaires et 150 membres du personnel ont été testés positifs au nouveau coronavirus. Autant dire que le président Bagbin doit faire face à un véritable cluster parlementaire, lui dont l'élection en janvier dernier avait été au cœur d'affrontements violents entre représentants de l'opposition et de la majorité, ce qui a obligé l'armée à intervenir pour rétablir le calme au sein de l'hémicycle.

Moins d'un mois après le fâcheux épisode, voilà que le temple de la démocratie ghanéenne est contraint d'entrer dans un profond sommeil. De prime abord, cette situation aurait de quoi en surprendre plus d'un, mais au fond tout s'explique quand on sait que les représentants du peuple ghanéen sont en réalité victimes de leurs propres turpitudes. En effet, certains élus, pour des raisons que l'on ignore toujours, ont dissimulé leur maladie, assurant leurs obligations et fréquentant assidument l'hémicycle. D'autres ont purement et simplement choisi de ruser avec les mesures barrières dans un pays qui fait face à une seconde vague et qui compte à ce jour plus de 73 000 cas de contamination qui ont causé la mort de 500 personnes. Et cette incurie au sommet de l'Etat est symptomatique de la légèreté avec laquelle les Africains et parfois leurs responsables font face à la pandémie de covid 19. Il est vrai que jusque-là, le continent avait été relativement épargné, comparativement aux dizaines de milliers de cas que l'Europe et les Amériques enregistraient chaque jour. Mais les choses sont en train de changer et l'inquiétude gagne peu à peu les Africains et surtout la jeunesse qui s'était laissé bercer par un sentiment d'invulnérabilité.

Cela est d'autant plus vrai qu'avec la course aux vaccins qui viennent de faire leur apparition, l'Afrique est parmi les parents pauvres, pour ne pas dire LE parent pauvre du traitement préventif contre le virus. Et Dieu seul sait dans combien de temps débuteront sous nos tropiques des campagnes de vaccination massives. On ne le dira jamais assez, malgré toutes les vertus thérapeutiques que l'on accorde à AstraZeneca ; Moderna ; Pfizer- BioNtech ; Sputnik V ; Sinopharm, etc., la plus efficace des méthodes préventives reste et restera notre rapport à ce virus : une discipline collective qui passe par le respect strict et individuel des mesures barrières, car comme on le dit, ce n'est pas le virus qui circule, c'est l'homme qui circule avec le virus. Pour avoir ignoré cette vérité, les parlementaires ghanéens en ont eu pour leur compte. On espère qu'ils en auront tiré les leçons à la réouverture dans au moins trois semaines.

Plus de: L'Observateur Paalga

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