Soudan: La hausse du prix du carburant accable les Darfouris

L'instabilité du Darfour continue. Mercredi, un enfant est mort en marge d'une manifestation étudiante. Une colère accentuée par la crise économique et l'inflation galopante. Dans le secteur crucial de l'essence, le gouvernement a stoppé les subventions en octobre dernier. Résultat : les prix du carburant montent et étranglent les Soudanais, notamment au Darfour, où il est déjà plus cher que dans le reste du pays.

Le pétrole soudanais arrive par bateau ou par pipe-line depuis le Soudan du Sud. Il est raffiné à Khartoum avant d'être transporté en camion jusqu'au Darfour. Une distance qui rend le carburant de la région plus cher.

« Le coût du transport est multiplié par dix, explique Mahamat Zene, qui dirige une station-service. Il y a trois quatre ans on avait des livraisons d'essence depuis la Libye et le prix était correct. Mais le pays est trop instable donc on ne reçoit plus de livraisons. »

À cela s'ajoute la fin des subventions du gouvernement depuis octobre. Les prix ont donc monté, pour atteindre trois dollars le litre. Hafza attend son tour à la pompe. « C'est devenu tellement cher. Je ne peux quasiment plus rien acheter d'autre. La révolution n'a rien arrangé dans ce secteur. Ça n'a fait qu'aggraver la situation. »

Vu les prix, la consommation a baissé, les files d'attente sont moins longues et pour les vendeurs au marché noir, comme Alfadil Abbakar Adam, les affaires sont mauvaises.

« Il y a moins de pénuries donc les gens ont moins besoin du marché noir. Avant, durant les bonnes journées tout le monde m'appelait. Surtout ceux qui avaient besoin de se déplacer, comme les transporteurs qui doivent absolument livrer des marchandises. L'an dernier, certains jours étaient complètement fous. Des trafiquants, souvent proches du pouvoir, en profitaient même pour récupérer toute la marchandise et on était obligés de s'approvisionner chez eux. »

Avant de partir, l'homme empoigne son jerrican d'essence. Il dit espérer en vendre un peu dans la rue pour payer son petit-déjeuner.

Plus de: RFI

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