Madagascar: Les services du FMI et Madagascar ont trouvé un accord au niveau des services en vue d'un programme soutenu par une Facilité de Crédit Elargie

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Les communiqués de presse de fin de mission contiennent des déclarations des équipes des services du FMI qui rendent compte de leurs conclusions préliminaires après leur visite dans un pays. Les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du conseil d'administration du FMI. La mission en question ne fera pas l'objet de délibérations au sein du conseil d'administration.

Washington, DC: En réponse à une demande des autorités malagasy, une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Charalambos Tsangarides, chef de mission pour Madagascar, a tenu des réunions à distance du 18 janvier au 12 février pour discuter du soutien financier du FMI au programme de réforme économique des autorités.

À la fin de cette mission, M. Tsangarides a fait la déclaration suivante :

« Les services du FMI ont achevé des entretiens avec les autorités à propos d'un nouveau programme à moyen terme qui pourrait être appuyé par les ressources du FMI, à hauteur d'environ 320 millions de dollars, au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).

« L'économie de Madagascar a été gravement touchée par la pandémie de Covid-19. On estime que le PIB s'est contracté de plus de 4% en 2020 en raison de l'interruption du tourisme et de la baisse des exportations, notamment dans les secteurs minier et textile, et de la faiblesse de la demande intérieure. La situation budgétaire a été affectée par une forte réduction des recettes fiscales, faisant passer le solde primaire intérieur d'un léger excédent en 2019 à un déficit d'environ 3% du PIB en 2020, tandis que le déficit du compte courant s'est creusé à 6% du PIB. Les deux décaissements au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) en avril et juillet 2020 (voir le communiqué de presse du FMI n° 20/133 et le communiqué de presse du FMI n° 20/275 , ainsi que le soutien supplémentaire d'autres partenaires de développement ont contribué à combler les besoins de financement et à soutenir les mesures d'atténuation de la crise, mais d'importants besoins de financement budgétaire et extérieur subsistent à moyen terme.

« Le programme à moyen terme des autorités est axé sur le soutien à la reprise post-Covid-19 et sur la relance de la dynamique des réformes pour augmenter et soutenir une croissance inclusive et réduire la pauvreté, en s'appuyant sur les priorités du gouvernement détaillées dans le Plan Emergence Madagascar (PEM). Dans ce contexte, en plus de continuer à atténuer les conséquences sociales et économiques de la pandémie, le nouveau programme vise à reconstituer un espace budgétaire pour les dépenses et les investissements sociaux indispensables ; à faire progresser le programme de réformes structurelles, y compris le renforcement du cadre monétaire et de la surveillance financière ; et à améliorer la gouvernance. Il est aussi attendu que l'appui financier du FMI contribue à stimuler les investissements du secteur privé et à catalyser le soutien financier des partenaires du développement.

« La politique budgétaire du programme devrait être orientée vers l'accroissement des recettes intérieures. Un plan ambitieux de mobilisation des recettes à moyen terme doit s'appuyer sur une stratégie globale de réformes fiscales et de collecte des recettes. Cela permettra de libérer des ressources publiques pour augmenter l'enveloppe de dépenses pour les secteurs sociaux, notamment la santé et l'éducation, ainsi que pour augmenter les investissements publics, tout en préservant la viabilité de la dette. La composition des dépenses sera améliorée grâce à la limitation des transferts, notamment aux entreprises publiques, et à une meilleure budgétisation de la masse salariale et des retraites.

« Le programme va relancer le programme de réformes structurelles, réduira les risques budgétaires, y compris ceux en lien avec l'exposition aux catastrophes naturelles qui peuvent être exacerbées par le changement climatique, comme le montre la grave sécheresse qui affecte le sud de Madagascar. Le plan de redressement opérationnel et financier de la société publique d'électricité et d'eau JIRAMA sera mis en œuvre pour rendre l'entreprise viable sur les plans opérationnel et financier, réduisant ainsi le besoin de transferts publics. Les autorités maintiendront également les prix des carburants à un niveau conforme avec les coûts du marché, afin d'éviter l'accumulation de nouveaux passifs envers les distributeurs de carburant.

« Les autorités ambitionnent la poursuite d'importantes réformes pour renforcer le cadre de la politique monétaire en vue d'un système de ciblage des taux intérêts, pour accroître l'efficacité du marché des changes, pour renforcer la stabilité et le développement du secteur financier et pour favoriser l'inclusion financière.

« L'amélioration de la gouvernance, avec une application efficace du cadre juridique anti-corruption, en s'assurant que des ressources humaines et financières appropriées soient allouées aux institutions en charge de la lutte contre la corruption, sera essentielle pour améliorer le climat des affaires et attirer les investissements privés. Le renforcement de la gestion des finances publiques, y compris en termes de transparence budgétaire, est également crucial. Des progrès supplémentaires sont nécessaires dans la mise à disposition du public d'informations sur l'utilisation des financements attribués pour atténuer l'impact de la pandémie de Covid-19, conformément aux engagements du gouvernement.

« La mission a rencontré le Premier ministre Christian Ntsay, le ministre de l'Économie et des Finances Richard Randriamandrato, le gouverneur de la Banque centrale de Madagascar, Henri Rabarijohn, d'autres hauts fonctionnaires, des partenaires au développement, le secteur privé et des représentants d'organisations de la société civile. La mission tient à remercier les autorités malgaches pour leur coopération et des discussions constructives.

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