Afrique: Saint-Valentin - Des roses flétries par la Covid-19 et ebola

A health worker checks a child potentially infected with Ebola being carried on the back of a caregiver at the Ebola Treatment Centre of Beni, North-Kivu province, Democratic Republic of Congo in March 2019.
14 Février 2021

L'Afrique, à l'instar du reste du monde, a célébré, le 14 février dernier, la Saint- Valentin, communément appelée la fête des amoureux. Comme l'on pouvait s'y attendre, la Covid-19 et son cortège de mesures-barrières se sont invités à l'évènement tant et si bien que l'on peut se permettre de « blasphémer » en affirmant que le dieu de l'amour, Eros, a été contraint lui-même d'observer les mesures-barrières.

En tout cas, il a été donné de voir des amoureux masqués à quelques endroits mondains des villes africaines. Et cette catégorie de personnes respectueuses des mesures- barrières, malheureusement, constitue une minorité. Car, dans bien des pays africains, bien des citoyens se donnent beaucoup de libertés quant à l'observance des gestes barrières. Résultat : la tendance à la défiance de la Covid-19 est vérifiable presque partout en Afrique.

En tout cas, à en juger par les comportements des uns et des autres le jour de la Saint- Valentin, l'on peut tirer la conclusion que la Covid-19 ne fait plus partie des préoccupations de la majorité des contrées africaines. Et cela est très dommage. Car, la deuxième vague de la pandémie est en train de faire mal à l'Afrique. Bien sûr, par rapport aux autres continents, l'Afrique est moins affectée par le mal. Mais de là à s'illustrer par des comportements on ne peut plus suicidaires, il y a un pas que l'Afrique devrait se garder de franchir.

Et comme si la menace liée à la Covid-19 ne suffisait pas, voilà qu'un autre mal, pire que le premier en termes de contamination, de prise en charge et de risques de décès, vient de se signaler de nouveau en RDC et en Guinée. Tout le monde l'aura compris, il s'agit d'Ebola. Dans le deuxième pays cité, c'est-à-dire le pays de Sékou Touré, la menace est prise très au sérieux. Et les autorités ont été bien inspirées d'avoir tout mis en œuvre pour circonscrire les cas.

A force de singer les autres, même dans leurs bizarreries, l'Afrique risque de perdre complètement son âme

Les esprits n'étaient donc pas à la fête des amoureux dans ce pays, mais à la mobilisation générale contre la Covid-19 et Ebola. L'on peut faire le constat que ces deux défis sanitaires que la Guinée doit impérativement relever, sont venus se greffer à une crise socio-politique dont le pays peine encore à se relever.

Si au plan sanitaire, on ne peut pas pointer la responsabilité d'une personne en particulier, il n'en est pas de même en ce qui concerne la crise socio-politique qui a sévèrement éprouvé la Guinée. A ce niveau, le pays a énormément souffert et souffre encore du seul fait de la boulimie du pouvoir du président Alpha Condé. C'est pourquoi on peut dire que la Guinée souffre aujourd'hui de trois maux : la Covid-19, Ebola et Alpha Condé.

Cela dit, la Covid-19 a véritablement affecté les économies de presque tous les pays africains. Et cela, par ricochet, a impacté durement le pouvoir d'achat des citoyens. De ce fait, la fête des amoureux, à l'instar de toutes les autres fêtes que l'Afrique a célébrées en 2020 et en 2021, en a été impactée. C'est pourquoi l'on peut dire, relativement à la fête de la Saint-Valentin, qu'en Afrique, les roses ont été flétries par la Covid-19 et Ebola. Cela dit, de manière générale, la fête des amoureux, en Afrique, est l'affaire des milieux urbains.

Et là aussi, elle n'a du succès qu'auprès de certains intellectuels. Pour l'écrasante majorité des populations africaines, la Saint-Valentin ne signifie absolument rien. Et c'est une très bonne chose. Car, à force de singer les autres, même dans leurs bizarreries, l'Afrique risque de perdre complètement son âme, si ce n'est déjà fait. En tout cas, on peut déjà faire le constat que certaines séparations voire certains divorces, en Afrique, tirent leurs origines de frustrations liées à la Saint- Valentin. Et ce qui alimente ces frustrations, n'est pas forcément lié à l'amour mais à la qualité des cadeaux que se font les amoureux.

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