Cote d'Ivoire: Football / Compétitions locales, situation financière de la FIF, ... Mme Mariama Dao Gabala dit tout

16 Février 2021

Le ballon va rouler, à nouveau, en Côte d'Ivoire. Après une année de suspension, le football reprend ses droits pour le bonheur des acteurs. Cette « bonne » nouvelle a été donnée, le vendredi 12 février 2021, par le Comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de football (CN-FIF) présidé par la sénatrice Mariam Dao Gabala.

«Nous avons décidé de relancer les championnats de Ligue 1, Ligue 2 au mois de mars, les championnats de Ligue 3 et du football féminin au mois d'avril 2021», a-t-elle déclaré en conférence de presse dans les jardins du siège de la Federation à Treichville à Abidjan.

Entourée pour la circonstance de toute l'équipe de la normalisation au grand complet, la présidente a détaillé encore plus les différentes articulations des championnats de la L1 et de la L2. La Ligue 1 démarre le 19 mars «Le championnat de Ligue 1 va débuter le 19 mars et s'achever le 27 juin 2021. Il va se jouer à deux poules de sept clubs avec une Superdivision. Le championnat de Ligue 2 va démarrer une semaine après, le 26 mars prochain, et va courir jusqu'au mois de juillet 2021. Il va se jouer à trois poules de huit clubs», a expliqué Mme Mariam Dao lors de cette rencontre qui intervient après les concertations du CN-FIF avec les membres actifs et l'ensemble des acteurs.

En ce qui concerne la D3 et de la Ligue féminine dont le démarrage est prévu pour avril prochain, les détails seront communiqués ultérieurement. Cette tribune a été le cadre idéal pour le Comité de normalisation de revenir sur la concertation avec les équipes de Ligue 1, Ligue 2 et D3, du 2 au 11 février au siège de la Fédération.

L'objectif principal, a réitéré la première responsable du CN-FIF, était d'écouter et échanger avec les clubs sur leurs situations actuelles, d'évaluer l'état général du football ivoirien et d'en dégager les perspectives pour la reprise des compétitions locales. «Le résultat attendu est de rassembler la famille « football » et de sauver le football ivoirien en remettant le ballon au milieu du terrain», a dit Mme Mariam Dao, tout en annonçant d'autres rencontres «pour des travaux plus approfondis sur le championnat, les textes légaux et le code électoral.»

Les différentes dates de reprise des compétitions locales, la formule, la composition des différentes ligues et le déroulement ont été définis de commun accord avec l'ensemble des clubs et acteurs concernés. C'est le cas de la période d'enregistrement pour le football masculin, le football féminin et le tirage au sort de la Ligue 1 prévu pour le jeudi 18 février.

Le tirage au sort de la Ligue 2 se tiendra, le 25 février 2021. «Ensemble, nous avons décidé de la formule exceptionnelle à réaliser dans un cas exceptionnel. Nous avons convenu aussi que le championnat de Ligue 1 va se jouer avec 14 équipes», a informé Mme Dao Gabala. Pour éviter toute polémique, elle a expliqué dans les moindres détails ce qui a concouru à la prise des décisions.

«En mars 2020, à l'arrêt du championnat, la Ligue 1 avait réalisé 76% de ses matchs. Donc évidemment, nous l'avons validé. Ce qui veut dire que le championnat de Ligue 1 va se faire avec 14 équipes et les deux derniers de Ligue 1 vont être relégués en Ligue 2 et les deux premiers de cette Ligue 2 vont remonter en Ligue 1 (Le WAC et Issia descendent en Ligue 2, Bafing et Stella montent en Ligue 1, Ndlr). Le championnat de Ligue 2, à l'arrêt de mars 2020, avait déjà joué 76% de ses matchs donc nous l'avons validé. Cependant, quand on regarde la Division 3, ils ont joué moins de 50% des matchs. Dans ces conditions, il nous est difficile de valider la saison 2019-2020. Ce qui veut dire que pour la Division 3, nous reprenons le championnat là où on l'avait arrêté. Il n'y a donc pas de monter et de descente à leur niveau», a clarifié Mme Gabala.

Face à la résurgence des cas élevés de Covid-19, le Comité de normalisation a sollicité le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique (MSHP) aux fins d'identifier un protocole sanitaire garantissant le bien-être des joueurs et des populations. «Une institution asphyxiée financièrement»

L'occasion était toute belle pour la présidente du comité de normalisation de la FIF de faire l'état des lieux depuis son installation, le 14 janvier 2021, par la FIFA. L'équipe « pluridisciplinaire », qui s'est engagée à relever le défi de la normalisation, a pris le temps, en un mois d'écouter la presque totalité des acteurs, l'Etat, les clubs, les groupes d'intérêt, le comité de direction de la FIF.

Cette démarche a permis à la sénatrice et à son équipe de faire un premier diagnostic très inquiétant. «Nous avons trouvé une institution certes vivante mais très malade, à genoux et qui a des difficultés à respirer. Une institution paralysée à moitié, une institution où en terme de gouvernance, les membres n'avaient plus confiance à la tête de l'institution», a révélé Mme Mariam Dao.

Devant ce rapport si patibulaire d'une institution « asphyxiée financièrement », il fallait parer au plus pressé pour maintenir le malade en vie. Ainsi, a ajouté la présidente du CN-FIF, le collège de médecins dont elle a la charge a opté de «redonner de l'oxygène» au malade (FIF), et ensuite, «faire un diagnostic complet» pour identifier les causes réelles des soucis de santé de l'institution et de pouvoir, enfin, lui trouver les médicaments appropriés.

«C'est pour cela que nonobstant le fait que nous n'ayons que trois mois, nous avons décidé de relancer les championnats de Ligue 1, Ligue 2 au mois de mars, les championnats de Ligue 3 et du football féminin au mois d'avril 2021», a-t-elle appuyé.

Mme Dao Gabala a réfuté les accusations qui voudraient que son équipe soit à la solde d'un des camps récemment opposés dans le processus électoral, aujourd'hui à la base de cette normalisation. «On ne peut pas venir chercher à apaiser une maison en prenant partie nous-mêmes dans le conflit de cette maison», a-t-elle dit, avant de rappeler la particularité de son équipe. «Une équipe de mission» qui n'est pas venue jouer à la « chasse aux sorcières ».

Mais plutôt des praticiens à qui «on présente un malade», qui « essaient d'apporter les ressources », sans toutefois « chercher celui qui est à la base de la maladie ». Une image pour non seulement montrer la « totale indépendance » de son équipe mais aussi sa « neutralité ».

En clair, a rassuré Mme la sénatrice, le Comité de normalisation est là pour faire un diagnostic, apporter les médicaments nécessaires pour que le malade, qui est paralysé, puisse retrouver la totalité de l'activité de ses moyens».

Une mission, un défi, certes difficile mais pas impossible à Dieu. «Si nous mettons nos compétences pour permettre de relever ce défi, nous allons y arriver et même avant terme», a assuré la militante des droits des femmes. Non sans témoigner la gratitude des clubs et de l'ensemble des acteurs à l'Etat qui finance le football à 75 % et qui est également prêt à accompagner la sortie de crise.

Le départ annoncé, le jeudi 11 février, par voie de presse du directeur exécutif, n'est pas passé sous silence à cette rencontre. Le contrat de Jean-Baptiste Sam Etiassé, arrivé à expiration, n'a pas été renouvelé.

Les motifs de la séparation ? «Je pense que ce n'est pas intéressant de les énumérer ici», a coupé court la présidente du processus de normalisation. L'essentiel, a-t-elle indiqué, c'est que nous sommes une nouvelle équipe qui va travailler d'une autre façon. La journée de l'équipe de la normalisation s'est poursuivie au stade Robert Champroux, dans la commune de Marcory.

Mme Mariam Dao Gabala et son équipe y ont effectué une visite d'inspection pour s'enquérir de l'état de l'infrastructure qui sera l'une des enceintes appelées à abriter les compétitions locales.

A travers cette visite au Champroux, le Comité de normalisation entend également marquer son ferme engagement à faire rouler le ballon à nouveau. Car, ce vendredi 12 mars 2021, Mme Dao Gabala a bien posé le ballon au centre du terrain. Et tout le monde attend avec impatience le coup d'envoi, le 19 mars prochain. Un an après.

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