Madagascar: Nouvelles alertes tortues !

Une saisie de 810 tortues radiées effectuée le 11 février 2021 à Benonoky, dans le district de Beloha, Commune rurale de Tranovaho, Région Androy. 23 animaux ont été trouvés morts sur place. Selon le Ministère de l'Environnement et du développement durable sur sa page Facebook, «les enquêtes et les recherches des responsables de ce délit sont en cours actuellement ».

Des articles de média mozambicains parus les 08 et 10 février 2021 rapportent par ailleurs la saisie de quelques 70 tortues radiées de Madagascar sur l'île de Mozambique, dans le district de Nampula. Le détenteur affirme avoir sauvé ces animaux du trafic et les avoir amassé depuis 16 ans après avoir entamé la régularisation de leur situation en vue de les vendre. Étant donné que les tortues radiées figurent à l'Annexe I de la CITES (commerce international interdit), la véracité de ces propos semble plus que douteuse.

Il semble plus probable que ces tortues aient été exportées en douce du pays, par la voie maritime semble plus probable étant donné qu'il n'y a pas de vols directs entre Madagascar et Mozambique et que des transits d'aéroports en aéroports augmenteraient les risques de se faire prendre. Et donc, quelque part dans le sud, ce monsieur portugais a des amis qui l'aident à collecter et emmagasiner ces tortues avant de les faire embarquer sur des pirogues, boutres ou bateaux. D'ailleurs l'île de Mozambique en question se trouve juste en face de nos côtes, entre Maintirano et Marovoay. Peut-être même que ces deux affaires sont liées ? Du côté mozambicain, les enquêtes sont aussi en cours ...

Ce sera ma petite contribution à l'enquête, en attendant les résultats officiels des deux côtés du Canal et en espérant que peut être cette fois, les commanditaires seront coincés et punis. Mais bon, franchement quand je pense aux 73 kg d'or, j'ai vraiment peu d'espoir pour ces petites tortues...

Juste pour rappel, les commanditaires des saisies de 10.000 et 7.000 et quelques tortues radiées qui ont eu lieu respectivement aux mois de juin et octobre 2018 courent toujours les rues - pire, ils ou elles ne sont plus inquiétés puisque les enquêtes concernant ces deux affaires ont été abandonnées «faute d'éléments ». Après, on s'étonne et on s'indigne du côté des autorités à chaque nouvelle saisie, mais il faut comprendre que ce n'est pas à force de déclarations de zéro tolérance qu'on arrivera à mettre fin à ce trafic. Tant que le « zéro tolérance » n'est pas appliqué jusqu'au bout tout le long de la chaîne d'approvisionnement et que les cerveaux et ceux qui les financent ne sont pas sanctionnés de manière exemplaire, quitte à avoir recours à la coopération régionale et internationale, cela ne s'arrêtera pas.

Une stratégie nationale de conservation des tortues existe depuis quelques années mais sa mise en œuvre reste anecdotique comme beaucoup de nos stratégies. Il faudrait renforcer la surveillance et le contrôle des aires protégées - premier rempart contre les braconniers ; mettre en place des sources de revenus alternatives pour décourager les collecteurs ; beaucoup d'éducation et encore et encore, appliquer la loi jusqu'au bout... En attendant, les tortues radiées sont toujours considérées par l'IUCN comme étant en danger critique d'extinction, et selon les prévisions, elles pourraient disparaître d'ici 2050. Elles emporteront avec elles une partie de notre patrimoine commun.

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