Maroc: C'est parti pour la seconde dose de Sinopharm

La recombinaison de deux variants pourrait déboucher sur un nouveau virus qui fait craindre le pire

Le chiffre deux revient inlassablement en cette fin de semaine pour faire les choux gras de l'actualité. Deux, comme le début de l'administration de la seconde dose pour les personnes ayant reçu le vaccin Sinopharm le 29 janvier dernier, soit un total de 250.000 personnes, tandis que pour l'administration de la seconde dose d'AstraZeneca, ce sera à partir du 26 février. Deux comme les plus de deux millions de personnes à avoir reçu le précieux antidote (2.233.000) grâce à la campagne de vaccination nationale. Et enfin deux comme les deux variants du Sars-Cov2 qui se sont mélangés pour nous donner, à la fois des sueurs froides mais aussi et surtout un nouveau virus.

Nulle intention de puiser dans un certain alarmisme, le souci étant plutôt d'informer. Selon "The New Scientist", un magazine scientifique international hebdomadaire, un chercheur du Los Alamos National Laboratory au Nouveau Mexique (États-Unis) a identifié le premier cas de recombinaison entre deux souches de SARS-CoV-2, en l'occurrence, les variants B.1.1.7 (« variant anglais ») et B.1.429 (« variant californien »). On ne va pas se raconter d'histoires, ce nouvel hybride est particulièrement préoccupant. D'une part, car le premier variant est soupçonné d'être 50 à 70 % plus contagieux que les autres souches connues jusqu'ici, et le second d'être résistant aux anticorps monoclonaux. Et d'autre part, parce que les deux variants ont également pour caractéristique commune de prendre rapidement le dessus sur les autres souches.

D'après le site d'actualité scientifique "Futura", le SARSCoV-2 a une forte propension à se recombiner. D'ailleurs, il est probable que cela soit la raison pour laquelle les chercheurs du monde entier estiment que c'est de cette manière que le SARSCoV2, à l'origine chez la chauve-souris, a pu devenir transmissible à l'Homme. Le problème, c'est qu'avec la multiplication des variants, une recombinaison du virus est donc devenue possible.

Pour le moment, un seul cas a été détecté parmi des milliers de séquences. En outre, cette découverte n'a encore fait l'objet d'aucune publication scientifique. Bref, il faut savoir raison garder, d'autant plus que les méthodes de détection des recombinaisons ne sont pas toujours fiables. Cela dit, les scientifiques ne cachent pas leur crainte quant à cet hybride qui pourrait déboucher sur une nouvelle pandémie «La question n'est pas de savoir si le virus va subir une recombinaison, mais quand», a indiqué Sergei Pond, professeur de biologie à l'université de Temple de Pennsylvanie. On n'en est pas encore là, et on espère ne pas arriver à cette extrémité. Surtout qu'elle aurait pour effet de remettre en cause les campagnes vaccinales aux quatre coins de la planète. Mais la recombinaison serait le mode d'évolution favori des coronavirus, avec une facilité à cohabiter avec d'autres virus. D'ailleurs, de nombreux cas de co-infection auraient été documentés avec le virus de la grippe, le virus respiratoire syncytial (TSV) ou d'autres virus communs du rhume, selon le site "Futura". Pas très rassurant là non plus. Qui plus est car ces derniers virus sont les plus susceptibles de recombiner avec le Sars-Cov2 dont ils en sont proches, avec pour résultat : une nouvelle maladie.

Ce serait un véritable coup dur si un tel scénario devenait réalité. A la question: Une telle recombinaison menacerait-elle un futur vaccin ? « Tout dépend de la partie du virus concernée», répond Etienne Simon-Loriere, spécialiste des virus à ARN à l'Institut Pasteur. Puis de préciser : "Si c'est une protéine de surface du virus, celle qui sert au système immunitaire à identifier le pathogène, alors le vaccin sera en effet moins efficace.

En revanche, si c'est une partie interne du virus comme la polymérase, qui sert à la réplication, alors cela ne devrait pas avoir de conséquences ». Autrement dit, deux scénarios sont possibles dans le cas où le virus arrive à se recombiner de manière formelle. Soit le nouvel hybride sera plus agressif, soit il sera bénin à l'instar des coronavirus à l'origine du rhume. On l'espère bien. Et encore plus depuis que la Commission européenne s'est dite prête à financer une unité de production de vaccin au Maroc dédiée à l'Afrique.

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