Somalie: Incidents à Mogadiscio, la crise politique s'aggrave

Un calme précaire règne à Mogadiscio, après plusieurs incidents armés depuis jeudi. La présidence et les partis d'opposition s'accusent mutuellement d'avoir provoqué des échanges de tirs entre leurs forces de sécurité respectives, alors qu'une marche avait été maintenue vendredi malgré l'interdiction des autorités, officiellement pour des raisons sanitaires.

Aucune victime n'a été recensée, mais le climat est suffisamment dangereux pour que l'ambassade des Etats-Unis et l'Union africaine publient des communiqués exprimant leur inquiétude.

Des tirs claquant dans la nuit, une foule courant pour échapper aux balles, des check-points au coin des rues... Ce sont de mauvais souvenirs des années d'anarchie qu'ont retrouvé ce vendredi les habitants de Mogadiscio, mais aussi des signes clairs que la crise politique s'est encore aggravée.

Car la cause du conflit est toujours là : le scrutin indirect visant à élire un successeur à Farmajo n'a pas pu se tenir le 8 février comme prévu, malgré un accord signé en septembre. Et les rivaux politiques ne s'entendent toujours pas sur une reprise de pourparlers.

D'un côté le président sortant Farmajo veut garder les cartes en main, face aux appels répétés à la démission. De l'autre les candidats de l'opposition, dont deux anciens présidents, et les États indociles du Jubaland et du Puntland, ne reconnaissent plus sa légitimité et considèrent que le pouvoir est vacant.

Dans ces conditions, les partenaires internationaux du gouvernement somalien cherchent à s'interposer utilement. Vendredi, le président de la Commission de l'Union africaine a mis en garde contre « le risque » pesant sur « les gains » engrangés par la Somalie depuis dix ans. L'ambassade américaine a pour sa part demandé l'arrêt des violences et le respect de l'engagement à parvenir à un accord pour que l'élection présidentielle puisse enfin se tenir.

Plus de: RFI

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