Erythrée: L'opposant érythréen Adhanom Gebremariam est mort en exil à New York

Une figure de la lutte pour la libération nationale de l'Érythrée a disparu ce samedi 20 février. L'ancien commandant du Front populaire de libération de l'Érythrée et ancien ambassadeur Adhanom Gebremariam est mort à New York, où il vivait en exil. Il était l'un des rares réformistes à avoir échappé à la rafle des 15 personnalités érythréennes arrêtées en septembre 2001 et disparues depuis.

On pouvait croiser ce vieux monsieur poli à la moustache grise dans son quartier du Bronx depuis vingt ans. Il vivait modestement, seul, séparé de sa femme restée fidèle au régime dirigé par ses anciens camarades, et qu'il avait dû fuir.

Mais Adhanom Gebremariam n'était pas un homme triste, c'était un militant, dit son ami Mussie Ephrem. Engagé dans la lutte indépendantiste en 1972, ce guérillero barbu, au large afro, au sourire désarmant, avait été l'un de ses plus brillants commandants. Après l'indépendance, il avait été gouverneur, procureur général, puis ambassadeur de la nouvelle Érythrée.

En 2001, il était l'un de ceux qui avaient dénoncé la « dérive dictatoriale » de leur ancien ami Issayas Afewerki à la tête de l'État. La rafle de ses camarades le 18 septembre l'avait laissé démuni, coincé aux États-Unis. Mais il avait ensuite été de toutes les initiatives pour unifier l'opposition et une voix prépondérante pour dénoncer « l'esclavage » des jeunes dans le redoutable service militaire qui conduit aujourd'hui tant d'Érythréens sur les routes meurtrières menant à l'Europe.

En parlant de lui, Mussie Ephrem décrit un « lecteur passionné de Rousseau et Machiavel ». « Lorsque nous parlions de l'Érythrée depuis notre exil, raconte-t-il, Adhanom portait sur son visage et dans sa voix les cicatrices de ses combats ».

Plus de: RFI

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