Sénégal: Refus de Ousmane Sonko de se présenter devant la Commission parlementaire - Une stratégie de défense contreproductive

21 Février 2021

Accusé de viol et menaces de mort par une masseuse professionnelle, le député Ousmane Sonko, par ailleurs candidat malheureux à la dernière présidentielle, est au bord de la déchéance. C'est le moins que l'on puisse dire. Car, le patron du Pastef, qui avait refusé, dans un premier temps, de répondre à la convocation de la gendarmerie nationale, est en passe de voir son immunité levée.

En effet, la Commission parlementaire mise en place à cet effet, débute ses travaux aujourd'hui, 22 février 2021 ; lesquels travaux doivent se poursuivre jusqu'à la convocation prochaine d'une plénière au cours de laquelle sera votée la levée ou non de l'immunité de celui-là qui est arrivé troisième à la dernière présidentielle et que d'aucuns présentent comme le poil à gratter du président Macky Sall.

En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que les jours à venir s'annoncent sombres pour Ousmane Sonko ; lui qui, on ne sait pour quelle raison, refuse, au nom de l'immunité dont il bénéficie, de déférer à la convocation de la commission parlementaire. Son Conseil justifie cela par le fait que la procédure en cours est « illégale ».

Selon lui, le juge d'instruction en charge du dossier, a saisi le parquet pour demander la levée de l'immunité parlementaire de son client sans une enquête préalable et ce, alors que la réquisition visait X. Certes, la défense est dans son rôle. Mais, pour autant qu'Ousmane Sonko n'ait rien à se reprocher, il gagnerait à se faire entendre par ses collègues députés plutôt que de jouer la carte de la victimisation.

C'est une stratégie de défense pour le moins contreproductive qui laisse croire que l'accusé est en mal d'arguments et qui, pour bénéficier de la sympathie de l'opinion, crie à la cabale politique quand bien même il reconnait s'être attaché les services d'une masseuse professionnelle à son domicile. Il faut le dire, Ousmane Sonko, pour reprendre les termes de l'ex-président Abdoulaye Wade, a « péché par naïveté ».

Il ne fait pas bon être opposant au pays de la Teranga, surtout sous l'ère Macky Sall

Car, en tant qu'homme politique de sa trempe, très critique vis-à-vis du pouvoir, il se devait de savoir que ses faits et gestes sont surveillés et que la moindre erreur lui serait fatale. Il a donné des verges pour se faire fouetter tant et si bien que l'on ne voit pas comment il pourrait se tirer d'affaire dans cette histoire de mœurs.

D'autant que la levée de son immunité qui semble être une question de temps et de procédure, sera bientôt actée et l'homme qui se rêvait d'un destin national, pourrait ainsi se retrouver en prison. Cela dit, l'affaire Ousmane Sonko offre l'occasion de titiller un tant soit peu, le président sénégalais Macky Sall à qui il faudrait éviter de donner le bon Dieu sans confession. Car, le constat est fait que sous son magistère, tous les opposants qui peuvent lui tailler des croupières, sont jetés sans ménagement en prison.

Le premier a en avoir fait les frais, est Karim Wade qui, après quelques années passées derrière les barreaux, a bénéficié d'un exil au Qatar, moyennant son silence absolu face à la gestion des affaires politiques au Sénégal. S'en est suivi le maire de Dakar, Khalifa Sall, qui en a vu des vertes et des pas mûres, accusé qu'il était d'avoir détourné des deniers publics.

Et vint enfin cette affaire de viol qui éclabousse un autre opposant et pas des moindres, en la personne d'Ousmane Sonko qui a fait ses preuves lors de la dernière présidentielle. Comme quoi, à l'allure où vont les choses, il ne fait pas bon être opposant au pays de la Teranga, surtout sous l'ère Macky Sall.

A La Une: Sénégal

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.