Burkina Faso: Le succès de la chicha chez les jeunes inquiète les spécialistes de la santé

La consommation de la chicha prend de l'ampleur au Burkina Faso. Les consommateurs sont généralement des jeunes, élèves ou étudiants. Le Comité national de lutte contre la drogue a lancé une alerte en demandant aux populations d'éviter sa consommation. Quant aux spécialistes de la santé, ils demandent l'interdiction de sa vente dans le pays afin de protéger la jeunesse.

C'est en groupe que Youssouf et ses camarades fument leur chicha, au moins deux fois par semaine. Ils s'approvisionnent dans certains commerces, bars ou discothèque de la capitale.

« Ça fait quatre ans que je consomme ça, j'ai pu exagérer à plusieurs reprises, changer les parfums jusqu'à trois fois », raconte un de ces jeunes. « Lorsque tu fumes la chicha, ça éveille certains sens, poursuit un de ses amis. C'est pour oublier certains soucis. »

Après quelques séances, Ousmane Toé a dû arrêter, suite à des problèmes de santé. « Au bout de quelques temps, je me suis rendu compte que ça n'allait pas. J'avais des douleurs au niveau de la poitrine, donc j'ai décidé d'arrêter. »

Contrairement à ce que pensent de nombreux jeunes, la chicha est aussi nocive que la cigarette, sinon plus, selon le docteur Georges Ouédraogo, coordonnateur de l'Unité de sevrage tabagique, maitre de conférence en pneumologie au CHU Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou.

« Fumer la chicha, c'est 50 à 200 bouffées pendant 40 à 60 minutes. Et la densité du monoxyde de carbone est de 15 à 50 cigarettes. Même pour le goudron, on va de 27 jusqu'à 102 cigarettes. Déjà dans l'enquête que nous avons eu à faire à Ouagadougou, on sait qu'il y a l'hépatite C, il y a un risque réel pour la tuberculose, et il y a les autres maladies liées au tabac, les cancers et autres maladies respiratoires et cardio-vasculaires. »

Pour ce spécialiste, il faut vite lutter contre la consommation de la chicha au Burkina Faso, car les enfants de moins de 15 ans s'y adonnent.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.