Ile Maurice: Des «gajak mous zonn» à Rs 1 300 le kilo

21 Février 2021

Le chiffre vous pique peut-être les yeux. Toujours est-il que c'est le montant qu'il faudra débourser si vous voulez déguster des larves de guêpes, soit de «mous zonn» w: Rs 1 300 pour un kilo donc. Et certains ne s'en privent pas.

Son marketing, il le fait sur les réseaux sociaux. Cela fait trois ans maintenant que Didier, âgé d'une trentaine d'années, commercialise des larves. A force, l'habitant de Cascavelle est passé maître dans cette discipline dangereuse qui consiste à «al met lamé dan nik mous zonn»... Armé de son expérience, de bâtons et de morceaux de chiffon - qui se transformeront en torches - il se rend dans la forêt, loin des zones résidentielles, à la recherche de ruches. «Li mieux al dan bann bwa ki pa pré ar bann lakaz parski bann mous zonn ena bann risk inn deza gagn kout Baygon etc. avan zot ponn, li pa sain», explique Didier.

Ce dernier a, au fil des années, appris beaucoup de choses en commercialisant les larves. Cette idée de business lui est venue par hasard, puisqu'il en est lui-même friand. «Un jour, j'ai décidé d'en vendre sur Facebook pour que d'autres personnes puissent les goûter. Et sans que je ne m'y attende, j'ai eu pas mal de clients. Les gens ont commencé à passer des commandes annuellement.» Cependant, qui dit guêpes dit piqûres. Tout en riant, Didier assure avoir été immunisé contre leurs dards. «À la longue, j'ai appris à les 'connaître'. La seule façon de ne pas se faire piquer, c'est de ne pas bouger d'un poil si elles viennent vers vous. Zot check mouvman, zot kav inn siblé ou, si ou aret bouzé zot pou fer ou letour ziska ki zot gagn mouvman pou atake, si ou res anplas zot pou alé.»

Pour «cueillir» une ruche, il faut d'abord l'enfumer à l'aide d'une torche. «Ou met difé dan enn baton ek enn sifon pou bann mous zonn-la sové. Mé pa servi okenn aerosol kont bann insek-la sinon larv vinn toxik.» Il faut également savoir que «mous zonn ou pa kapav al rod li toute long lané sa. Apartir fin Mars bizin aret al rodé parski bizin donn zot letan réprodwir pou kapav gagné lot sézon. Ek sirtou, avek developman partou ek polision, mo pé remarké ki mous zonn pé vinn rar mem dan bwa.»

Après avoir récupéré les ruches, Didier enlève les larves et les pèse. Certains clients viennent les récupérer aussitôt. Les autres attendront au frigo, «parey koumma poule k laviann» pour conserver leur fraîcheur. Les larves sont reparties, au kilo, dans des bouteilles ou encore dans des barquettes. Combien ce petit commerce rapporte-t-il à Didier? Nous n'en saurons pas plus. Et comment les consomme-t-on ? «Ou rousi li ek zognon pima» ou nature. «Enn ti gajak ki al bien ek enn ti drink... »

Plus de: L'Express

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