Afrique: Allocution du Directeur général de l'OMS à la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) - 4 février 2021

Promouvoir un accès équitable aux outils de lutte contre la COVID-19 en Amérique latine et dans les Caraïbes en utilisant l'accélérateur ACT

Votre Excellence, Marcelo Ebrard, Ministre des relations extérieures du Mexique, merci beaucoup, muchas gracias, de m'avoir invité,

Mon ami, Aksel Jacobsen,

Ma sœur Carissa Etienne, Directrice régionale de l'OMS pour les Amériques,

Excellences, chers collègues et amis,

C'est un honneur pour moi d'être avec vous aujourd'hui.

Votre Excellence, M. le Ministre Marcelo Ebrard, je tiens à vous remercier personnellement pour le leadership dont vous avez fait preuve en convoquant cette réunion pour mobiliser la riposte à la pandémie de COVID-19 en Amérique latine et dans les Caraïbes.

La Région des Amériques a été l'une des plus durement touchées.

Un an après le début de la pandémie, plus de 100 millions de cas ont été signalés. Plus de deux millions de personnes ont perdu la vie.

Des centaines de millions d'autres personnes ont vu leurs familles et leurs moyens de subsistance détruits.

La mise au point de vaccins moins d'un an après l'émergence de ce nouveau virus constitue une source d'espoir dont nous avons grand besoin.

Le défi auquel nous sommes confrontés désormais est de veiller à ce que les vaccins soient une source d'espoir pour tous.

Si seule une minorité privilégiée de la population mondiale est protégée, cette pandémie continuera de faire rage et tout le monde sera en danger.

C'est pourquoi, en avril de l'année dernière, l'OMS s'est alliée à Gavi, au Fonds mondial, à la CEPI et à de nombreux autres partenaires pour lancer le Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT), et COVAX, le volet vaccins du Dispositif.

Notre objectif était de mettre rapidement au point des vaccins, des tests et des traitements, et de les distribuer équitablement, en tant que biens publics mondiaux.

Mais à l'heure où nous parlons, plus de 90 % des pays qui déploient actuellement des vaccins sont des pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire supérieur. Soixante-quinze pour cent des doses ont été déployées dans dix pays seulement.

Nous comprenons pourquoi les gouvernements veulent d'abord protéger leurs propres populations. Mais le partage des vaccins n'est pas seulement la bonne chose à faire, par devoir, c'est aussi, stratégiquement et économiquement, la démarche la plus intelligente.

Partout dans le monde, comme en Amérique latine et dans les Caraïbes, les populations attendent de leurs dirigeants politiques qu'ils fassent les choix difficiles nécessaires pour mettre fin à cette crise.

Plus le virus continue de circuler longtemps, plus il a de chances de muter et potentiellement de devenir résistant aux tests, aux traitements et aux vaccins actuels.

Nous comprenons que les gouvernements sont sous pression pour vacciner l'ensemble de leurs populations. Mais le nationalisme vaccinal ne fera que prolonger la pandémie, comme je l'ai dit à maintes reprises.

Mettre fin à cette pandémie signifie que la première chose que nous devons faire est de vacciner les citoyens les plus vulnérables et les agents de santé qui sont en première ligne dans tous les pays.

L'équité vaccinale n'est pas seulement une obligation morale. C'est dans l'intérêt de tous.

Une nouvelle étude de la Fondation pour la recherche de la Chambre de commerce internationale montre que le nationalisme vaccinal pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 9 200 milliards de dollars des États-Unis (USD), et près de la moitié de ce coût - 4 500 milliards - serait induit dans les économies les plus riches.

Par comparaison, le déficit de financement du Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 cette année s'élève à 27 milliards USD.

Tant que nous n'aurons pas mis fin à la pandémie partout, nous n'y mettrons fin nulle part.

Il ne faut pas oublier non plus que les vaccins à eux seuls ne viendront pas à bout de cette pandémie.

Nous devons poursuivre notre combat avec des mesures de santé publique éprouvées, comme la distanciation physique, l'hygiène des mains, les masques, les tests, la recherche des contacts, entre autres.

Je vous invite à rejoindre cet élan de solidarité pour que la vaccination des personnels de santé et des personnes âgées ait commencé dans tous les pays dans les 100 premiers jours de l'année.

Il nous reste 65 jours.

Je vous remercie.

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